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«Nous condamnons fermement cette façon de faire» : dans une vidéo, des membres présumés de la DZ Mafia nient avoir menacé le maire d’Alès

Une · · Par Claire BERNARD

«Nous condamnons fermement cette façon de faire» : dans une vidéo, des membres présumés de la DZ Mafia nient avoir menacé le maire d’Alès

« Nous condamnons fermement cette façon de faire » : dans une vidéo, des membres présumés de la DZ Mafia nient avoir menacé le maire d’Alès C’est une séquence i

« Nous condamnons fermement cette façon de faire » : dans une vidéo, des membres présumés de la DZ Mafia nient avoir menacé le maire d’Alès

C’est une séquence inédite qui interroge sur les modes de communication des organisations criminelles. Selon des informations rapportées par Le Figaro, des individus se présentant comme des membres de la DZ Mafia ont adressé une vidéo à plusieurs médias, dont le quotidien, pour démentir toute implication dans les menaces proférées à l’encontre de Christophe Rivenq, le maire Les Républicains d’Alès. La séquence, transmise ce mercredi 22 juillet 2026, met en scène cinq hommes cagoulés et vêtus de noir, debout devant une table ornée du drapeau algérien et du sigle « DZ ».

Une dénégation publique pour préserver une réputation

Dans cette vidéo de moins de deux minutes, un « porte-parole » de l’organisation, dont la présence dans le Gard serait documentée par la police judiciaire, prend la parole. Il lit un texte destiné « à l’attention de la population française », selon les termes employés. L’individu justifie d’abord le recours à ce format : « Tout d’abord, sachez que faire cette vidéo est pour nous la seule façon de se faire entendre. La façon de faire nous déplaît forcément mais encore une fois, cela a été la seule porte de sortie. » Les malfaiteurs dénoncent ensuite un acte qu’ils qualifient de « lâche », estimant que ces menaces nuiraient à « leurs affaires » et à leur réputation dans le milieu. Cette démarche viserait à se distancier d’une opération d’intimidation qu’ils attribuent à d’autres protagonistes.

Un précédent troublant dans la communication criminelle

Ce mode de communication, déjà observé à Marseille dans le cadre de rivalités entre bandes, constitue toutefois un précédent préoccupant lorsqu’il cible directement un élu local. Le maire d’Alès, Christophe Rivenq, avait été la cible de menaces de mort dont l’origine avait été attribuée, dans un premier temps, à la DZ Mafia. Cette organisation criminelle marseillaise, active dans le trafic de stupéfiants, est régulièrement citée dans des enquêtes pour des faits de violence et d’intimidation. La diffusion d’une vidéo de dénégation pourrait, selon des observateurs, relever d’une tentative de contrôle de l’information par les groupes criminels eux-mêmes, cherchant à préserver leur capacité d’action dans certaines zones géographiques.

Des implications pour la sécurité des élus et l’autorité de l’État

Cette affaire soulève des interrogations sur la sécurité des élus locaux, confrontés à des pressions croissantes de la part de réseaux criminels. Le fait que des individus cagoulés se sentent en mesure de s’adresser directement à la population via les médias, pour nier des actes d’intimidation, illustre une forme de normalisation inquiétante de la parole criminelle dans l’espace public. Par ailleurs, cette vidéo pourrait compliquer le travail des enquêteurs, en introduisant un élément de confusion dans l’identification des auteurs réels des menaces. Les autorités judiciaires, contactées par Le Figaro, n’avaient pas encore réagi officiellement à cette diffusion au moment de la publication de l’article.

Une situation qui appelle une vigilance accrue

Alors que la DZ Mafia est régulièrement pointée du doigt pour son implication dans le narcotrafic et les violences qui l’accompagnent, cette tentative de communication directe pourrait être interprétée comme un signe de la volonté de l’organisation de peser sur le récit médiatique et judiciaire. Pour les élus, et en particulier pour Christophe Rivenq, cette affaire rappelle la nécessité d’un renforcement des mesures de protection. L’enquête, confiée à la police judiciaire, devra déterminer si cette vidéo est une manœuvre de diversion ou une tentative sincère de se désolidariser d’actes que l’organisation réprouve, comme elle le prétend. L’évolution de cette affaire sera suivie de près, tant elle interroge la place des organisations criminelles dans le débat public et leur capacité à instrumentaliser les canaux médiatiques.