«Nous avons voulu mettre l’État face à ses incohérences» : la colère du maire de Chessy, forcé de marier un Algérien sous OQTF et sa femme

«Nous avons voulu mettre l’État face à ses incohérences» : la colère du maire de Chessy, forcé de marier un Algérien sous OQTF et sa femme La commune de Chessy,
«Nous avons voulu mettre l’État face à ses incohérences» : la colère du maire de Chessy, forcé de marier un Algérien sous OQTF et sa femme
La commune de Chessy, en Seine-et-Marne, se trouve au cœur d’une controverse judiciaire et politique après avoir été contrainte par décision de justice de célébrer le mariage d’un ressortissant algérien sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec sa compagne. Le maire divers droite, Cyril Marsaud, exprime une vive colère et dénonce ce qu’il considère comme une incohérence systémique de l’État, tout en appelant à un renforcement des prérogatives des édiles locaux face à ce type de situation.
Un mariage imposé malgré les doutes sur sa sincérité
Selon un entretien accordé au Figaro le 25 juin 2026, Cyril Marsaud relate les circonstances qui l’ont conduit à célébrer cette union le 12 avril précédent. La mairie avait initialement refusé de procéder au mariage après avoir mené une enquête préalable. « On avait fait une enquête, le futur marié nous avait indiqué qu’il souhaitait se marier car il espérait avoir des papiers. On soulevait le fait que c’était un mariage insincère », explique-t-il. Malgré ces éléments, le parquet aurait ordonné à la commune de procéder à l’union, invoquant un défaut d’informations suffisantes pour justifier un refus. La commune a finalement été condamnée à verser 6 000 euros au couple, une somme que le maire a préféré payer pour éviter que ses administrés ne supportent des frais supplémentaires.
Une mise en cause de la procédure judiciaire
Le maire de Chessy pointe du doigt un déséquilibre dans la répartition des responsabilités entre l’autorité judiciaire et les collectivités locales. « Il ne faut pas croire que c’est un problème individuel entre la mairie et les futurs époux », insiste-t-il, suggérant que l’affaire dépasse le cadre local pour interroger les pratiques de l’administration centrale. Selon lui, le procureur aurait pris sa décision sans disposer de l’ensemble des éléments recueillis par les services municipaux, ce qui aurait conduit à une situation où la mairie se retrouve pénalisée financièrement pour avoir tenté de faire respecter la loi. Cette affaire intervient dans un contexte où les débats sur les OQTF et les mariages de complaisance sont particulièrement vifs.
Une proposition de loi pour interdire les mariages en situation irrégulière
Cyril Marsaud apporte son soutien à la proposition de loi portée par Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, qui a été votée ce jeudi. Ce texte vise à interdire les mariages lorsque l’un des conjoints est en situation irrégulière, une mesure que le maire juge nécessaire face à ce qu’il perçoit comme des « incohérences » de l’État. « Il faut faire davantage confiance aux maires, il faut nous laisser agir ! », réclame-t-il, plaidant pour un renforcement des pouvoirs des édiles locaux dans l’appréciation de la sincérité des unions. Cette proposition, bien que soutenue par une partie de la droite, suscite des débats quant à sa conformité avec le droit européen et les principes fondamentaux de la liberté matrimoniale.
Un précédent qui interroge les pratiques administratives
Cette affaire pourrait faire jurisprudence et alimenter les discussions autour de l’articulation entre les pouvoirs des maires et ceux de l’autorité judiciaire en matière de mariage. Les maires, en tant qu’officiers d’état civil, disposent d’un pouvoir d’appréciation sur la sincérité des unions, mais ce pouvoir est encadré par des procédures strictes et peut être contredit par le parquet. La décision de justice rendue à l’encontre de Chessy illustre les tensions qui peuvent naître lorsque les intérêts de la politique migratoire et les droits individuels des personnes se heurtent. Alors que le gouvernement réfléchit à une réforme des OQTF, cet épisode pourrait servir d’exemple aux partisans d’un durcissement des conditions d’accès au mariage pour les étrangers en situation irrégulière, tandis que les défenseurs des droits des migrants y verront une atteinte à la liberté fondamentale de se marier.