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«Nous avons livré les objectifs figurant dans la feuille de route»: en charge de l’entretien des Canadair, Sabena Technics répond aux critiques

Une · · Par Claire BERNARD

«Nous avons livré les objectifs figurant dans la feuille de route»: en charge de l’entretien des Canadair, Sabena Technics répond aux critiques

# «Nous avons livré les objectifs figurant dans la feuille de route» : en charge de l’entretien des Canadair, Sabena Technics répond aux critiques Alors que la

# «Nous avons livré les objectifs figurant dans la feuille de route» : en charge de l’entretien des Canadair, Sabena Technics répond aux critiques Alors que la saison des feux de forêt s'intensifie sur le territoire français, la disponibilité des Canadair de la Sécurité civile suscite une vive polémique. Le 27 juillet dernier, seuls sept appareils sur les douze que compte la flotte étaient opérationnels, et cinq seulement le week-end précédent, selon des informations rapportées par Le Figaro. Face aux accusations portées par Mickaël Biberon, porte-parole de l'UNSA Pompiers, concernant le manque de pièces de rechange et les défaillances de maintenance, Sabena Technics, unique prestataire depuis 1998, a choisi de répondre par une lettre interne de son PDG, Hervé Grandjean. ## Un contrat exclusif sous tension Sabena Technics, groupe français leader de la maintenance aéronautique, détient depuis 1998 le contrat exclusif d'entretien des Canadair, Dash et Beechcraft de la Sécurité civile. Cette flotte, composée de 23 appareils de lutte contre les incendies, constitue l'épine dorsale des moyens aériens français face aux feux de forêt. Pourtant, les récents chiffres de disponibilité interrogent. Le gouvernement s'est en effet fixé un objectif ambitieux de 98 % de taux de disponibilité, un seuil qui semble aujourd'hui difficile à atteindre. Selon les déclarations de Mickaël Biberon rapportées par Le Figaro, « le problème, c'est que notre prestataire de maintenance, Sabena Technics, ne dispose pas des pièces de rechange ». Cette affirmation a alimenté une polémique croissante sur les réseaux sociaux et dans les médias, alors que les incendies se multiplient dans le sud de la France. ### La réponse de la direction Interrogée par Le Figaro, Sabena Technics s'est refusée à tout commentaire direct, mais a transmis une lettre adressée aux 4 000 salariés de la société, signée par son PDG, Hervé Grandjean. En poste depuis octobre 2024, ce dernier y affirme que « nous avons livré les objectifs figurant dans la feuille de route ». Une déclaration qui contraste avec les critiques émises par les syndicats de pompiers. La lettre, dont Le Figaro a obtenu copie, viserait à rassurer les équipes sur la qualité du travail accompli et à répondre aux accusations de sous-performance. Le groupe aurait également renforcé ses équipes de pisteurs, ces techniciens spécialisés chargés de détecter les anomalies avant qu'elles ne deviennent critiques, afin d'améliorer la réactivité de la maintenance. ## Des enjeux stratégiques pour la sécurité civile La polémique intervient dans un contexte où les feux de forêt gagnent en intensité et en fréquence, notamment en région méditerranéenne. La disponibilité des Canadair est cruciale pour les opérations de lutte, ces appareils étant capables de larguer des tonnes d'eau en un seul passage. Selon des sources gouvernementales, le taux de disponibilité réel des appareils pourrait être inférieur aux objectifs affichés, ce qui soulève des questions sur la gestion des stocks de pièces détachées et la planification des opérations de maintenance. Sabena Technics, de son côté, insiste sur la complexité technique de l'entretien de ces appareils vieillissants, dont certains datent des années 1990. Le groupe pourrait également faire face à des difficultés d'approvisionnement liées à la chaîne logistique mondiale, un problème récurrent dans le secteur aéronautique depuis la pandémie. ### Des perspectives incertaines Alors que la saison des feux n'est pas encore terminée, la pression médiatique et politique sur Sabena Technics risque de s'accentuer. Le ministère de l'Intérieur, qui supervise la Sécurité civile, pourrait être amené à réévaluer les termes du contrat de maintenance ou à envisager des solutions alternatives. Toutefois, le groupe conserve un monopole de fait sur ce marché très spécialisé, ce qui limite les options de la puissance publique. Dans sa lettre, Hervé Grandjean appelle ses équipes à « rester mobilisées » et à « continuer à faire preuve de professionnalisme », tout en reconnaissant implicitement que des améliorations sont nécessaires. La question centrale reste de savoir si les objectifs de disponibilité pourront être atteints avant la prochaine saison des incendies, alors que les critiques des pompiers et des élus locaux se multiplient.