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"Nous avons besoin d’un changement politique fondamental" : en Allemagne, l’extrême droite remporte largement l’élection régionale en Saxe-Anhalt

Une · · Par Claire BERNARD

L’extrême droite allemande est arrivée largement en tête des élections régionales en Saxe-Anhalt ce dimanche, un scrutin perçu comme un camouflet pour le chance

L’extrême droite allemande est arrivée largement en tête des élections régionales en Saxe-Anhalt ce dimanche, un scrutin perçu comme un camouflet pour le chancelier conservateur Friedrich Merz. Selon des estimations de l’audiovisuel public rapportées par Midi Libre, ce résultat marque une nouvelle étape dans la recomposition politique de l’est de l’Allemagne, où la formation dirigée par l’un des cadres les plus radicaux du parti interroge les équilibres établis depuis la réunification. ### Une progression électorale sans précédent dans la région D’après les premières projections diffusées par les chaînes publiques allemandes, le parti d’extrême droite aurait recueilli entre 30 et 35 % des suffrages exprimés en Saxe-Anhalt, devançant nettement la CDU du chancelier Friedrich Merz, créditée d’environ 20 % des voix. Ce score, s’il était confirmé par les résultats officiels, constituerait la meilleure performance jamais enregistrée par cette formation dans un Land de l’ex-RDA. La dynamique observée dans ce territoire rural et vieillissant, marqué par un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale, s’inscrirait dans une tendance plus large qui a vu l’extrême droite progresser dans plusieurs régions de l’est depuis 2019. Les observateurs notent que la campagne électorale a été dominée par les thématiques sécuritaires et migratoires, reléguant au second plan les questions économiques qui avaient traditionnellement structuré le débat local. Un responsable local du parti vainqueur a déclaré, selon des propos relayés par Midi Libre : « Nous avons besoin d’un changement politique fondamental », une formule qui résume l’état d’esprit d’une partie de l’électorat de ce Land frontalier de la Pologne. ### Un revers politique majeur pour Friedrich Merz Cette défaite constitue un revers significatif pour Friedrich Merz, arrivé à la chancellerie en début d’année avec la promesse de restaurer l’autorité de l’État et de redresser l’économie allemande. Selon des sources gouvernementales citées par plusieurs médias nationaux, le chancelier aurait espéré que son profil de dirigeant d’entreprise et son discours ferme sur l’immigration puissent endiguer la fuite des électeurs conservateurs vers l’extrême droite. Les résultats en Saxe-Anhalt sembleraient toutefois indiquer que cette stratégie n’a pas produit les effets escomptés dans l’est du pays. Par ailleurs, cette élection intervient dans un contexte de tensions au sein de la coalition gouvernementale à Berlin, où les débats sur le budget fédéral et la politique énergétique ont fragilisé l’exécutif. Certains analystes politiques estiment que ce scrutin régional pourrait affaiblir la position de Friedrich Merz au sein de son propre parti, d’autant plus que plusieurs cadres de la CDU plaident pour un virage plus marqué à droite sur les questions sociétales. ### Des implications pour la stabilité politique régionale La formation d’un gouvernement en Saxe-Anhalt s’annonce complexe, aucun parti ne semblant en mesure de constituer une majorité stable sans négociations délicates. Les partis traditionnels ont réaffirmé leur refus de toute alliance avec l’extrême droite, une position constante depuis l’après-guerre en Allemagne. Toutefois, la fragmentation du paysage politique régional, avec la présence de plusieurs formations de taille moyenne, pourrait contraindre à des configurations inédites. Les observateurs soulignent également que ce résultat pourrait avoir des répercussions au-delà des frontières du Land, alors que plusieurs élections régionales sont programmées dans d’autres Länder de l’est au cours des prochains mois. La question de l’attractivité des discours populistes dans les territoires marqués par les transitions économiques post-réunification demeure un enjeu central pour l’ensemble de la classe politique allemande, dans un pays où la mémoire du nazisme impose des garde-fous démocratiques stricts. ### Un signal adressé à Berlin et à l’Europe Ce scrutin régional sera vraisemblablement interprété comme un indicateur de l’humeur des électeurs allemands à mi-mandat, avant les élections fédérales prévues dans moins de deux ans. Les résultats définitifs, attendus dans les prochaines heures, permettront de mesurer avec précision l’ampleur de cette poussée électorale et d’en tirer les premières leçons politiques. La réponse du chancelier Friedrich Merz, qui devra arbitrer entre une ligne dure et une ouverture vers l’électorat modéré, sera scrutée avec attention tant à Berlin que dans les capitales européennes, où la trajectoire politique de la première économie du continent suscite une vigilance particulière.