"Notre ministre de l'Économie a dit qu'avec 2.000 euros, on vit bien... Qu'il vienne: j'ai 76 ans, je dors sur un convertible": alors que le gouvernement veut les mettre à contribution dans le budget 2027, des retraités dénoncent un ciblage "injuste"

## Budget 2027 : des retraités dénoncent un ciblage « injuste » alors que le gouvernement cherche des milliards Le gouvernement envisage de mettre à contributio
## Budget 2027 : des retraités dénoncent un ciblage « injuste » alors que le gouvernement cherche des milliards
Le gouvernement envisage de mettre à contribution les retraités dans le cadre du budget 2027, afin de redresser les finances publiques. Deux pistes sont sur la table : geler une partie des pensions de base, normalement revalorisées en janvier selon l'inflation, ou réduire l'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités. Des mesures qui suscitent l'exaspération d'une partie des intéressés, qui dénoncent un ciblage « injuste » ignorant les écarts de patrimoine et de situations.
## Deux leviers à l'étude pour trouver des milliards
Selon un avant-projet consulté par Le Monde, le dispositif envisagé prévoit que les pensions comprises entre 1.260 et 2.034 euros mensuels augmenteraient légèrement, mais moins que l'inflation. Les pensions supérieures à ce seuil seraient, elles, gelées. L'objectif affiché par l'exécutif est de dégager des milliards d'euros pour rétablir l'équilibre budgétaire. Cette approche progressive vise à épargner les petites retraites, tout en sollicitant davantage les pensions intermédiaires et supérieures. Le choix entre le gel partiel des pensions et la réduction de l'abattement fiscal de 10 % n'est pas encore arbitré, précise la même source.
## « On n'est pas tous riches ! »
Dans le centre d'Asnières-sur-Seine, en banlieue parisienne, Élise, ancienne institutrice de 76 ans qui préfère taire son nom, résume le sentiment ambiant. Avec 2.068 euros de pension, elle se dit « pas contre l'idée de participer », mais fustige « les importantes disparités » entre retraités, certains disposant d'un capital. « Moi, je suis locataire. Je vis dans un studio à 900 euros. Avec les charges, le téléphone, les assurances, il me reste à peine 1.000 euros », détaille-t-elle auprès de l'AFP. Et d'ajouter, dans un rire nerveux : « Notre ministre de l'Économie a dit qu'avec 2.000 euros, on vit bien... Qu'il vienne : j'ai 76 ans, je dors sur un convertible. Je ne pars pas en vacances. Je ne crois pas être une nantie... »
## Entre fatalisme et exaspération
Le témoignage d'Élise illustre une fracture au sein même de la population retraitée. Certains se résignent à contribuer au redressement des comptes publics, reconnaissant la gravité de la situation budgétaire. D'autres, en revanche, dénoncent une approche uniforme qui ne tiendrait pas compte des situations individuelles : retraités locataires ou propriétaires, porteurs ou non d'un patrimoine, anciens cadres ou petits pensionnés. Élise raconte ainsi avoir vendu la maison de ses parents pour « payer leur Ehpad », et complète aujourd'hui ses fins de mois en promenant le chien d'un particulier. Un quotidien qui, selon elle, contredit l'image d'une génération supposée confortable.
## Un arbitrage politique sensible
Le dossier s'annonce politiquement délicat pour l'exécutif. Les retraités constituent une part importante de l'électorat et leurs organisations représentatives sont susceptibles de mobiliser contre toute mesure perçue comme punitive. Le gouvernement devra toutefois trancher rapidement, le calendrier budgétaire imposant ses échéances. Entre économies nécessaires et équité sociale, l'arbitrage promet des débats nourris, alors que la question du partage de l'effort entre générations reste, elle, entière.