"Notre corps n’est pas fait pour la sédentarité" : l’inactivité tue 50 000 Français par an et coûte 140 milliards d’euros à la société

# "Notre corps n’est pas fait pour la sédentarité" : l’inactivité tue 50 000 Français par an et coûte 140 milliards d’euros à la société L'inaction physique tue
# "Notre corps n’est pas fait pour la sédentarité" : l’inactivité tue 50 000 Français par an et coûte 140 milliards d’euros à la société
L'inaction physique tue silencieusement. Selon un rapport relayé par *Midi Libre* à l'occasion des Assises du muscle, l'inactivité serait responsable de 50 000 décès par an en France et représenterait un coût sociétal de 140 milliards d'euros. L'Institut de myologie et l'AFM Téléthon, organisateurs de ces assises, alertent sur les conséquences dramatiques d'un mode de vie de plus en plus sédentaire, alors que notre corps, composé de 600 muscles représentant 40 % de notre masse corporelle, est conçu pour bouger.
## Un constat alarmant sur la santé publique
Les chiffres avancés par les spécialistes du muscle sont sans appel. D'après les informations rapportées par *Midi Libre*, les 50 000 décès annuels attribuables à l'inactivité physique en feraient un facteur de risque comparable à certains grands fléaux sanitaires. Ce chiffre, qui pourrait être sous-estimé selon certains experts, s'ajoute à un coût économique vertigineux de 140 milliards d'euros pour la collectivité. Ce montant inclurait notamment les dépenses de santé liées aux maladies chroniques favorisées par la sédentarité — diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, certains cancers — ainsi que les pertes de productivité et les arrêts de travail.
L'Institut de myologie et l'AFM Téléthon, en organisant les Assises du muscle, entendent rappeler que notre corps n'est pas adapté à l'immobilité prolongée. Les 600 muscles qui composent l'organisme humain, représentant près de la moitié de notre poids, nécessitent une sollicitation régulière pour fonctionner correctement. Leur atrophie progressive, liée à la sédentarité, serait à l'origine de nombreuses pathologies évitables.
## Une sédentarité croissante dans la société française
Ce constat intervient dans un contexte où les modes de vie modernes favorisent de plus en plus l'inactivité. Le télétravail, les loisirs numériques et les transports motorisés réduisent considérablement le temps consacré à l'activité physique quotidienne. Selon des données compilées par les associations, la majorité des Français adultes ne respecteraient pas les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé en matière d'exercice physique — au moins 150 minutes d'activité modérée par semaine.
Les conséquences de cette sédentarité ne se limitent pas aux seuls aspects musculaires. Le rapport présenté aux Assises du muscle soulignerait également les impacts sur la santé mentale, la qualité du sommeil et le vieillissement prématuré des cellules. Les muscles, loin d'être de simples organes de locomotion, jouent un rôle crucial dans la régulation métabolique et immunitaire de l'organisme.
## Des pistes d'action pour inverser la tendance
Face à cette urgence sanitaire, les organisateurs des Assises du muscle appellent à une mobilisation collective. L'Institut de myologie et l'AFM Téléthon plaideraient pour une meilleure intégration de l'activité physique dans les politiques de santé publique, notamment à travers des prescriptions médicales d'exercice et des aménagements urbains favorisant la mobilité douce.
Des initiatives existent déjà, comme le "sport sur ordonnance" expérimenté dans certaines régions, mais leur déploiement reste insuffisant au regard de l'ampleur du problème. Les spécialistes estiment qu'une réduction de seulement 10 % de la sédentarité pourrait éviter plusieurs milliers de décès chaque année et économiser des milliards d'euros à la Sécurité sociale.
La question se pose désormais de savoir si les pouvoirs publics prendront la mesure de cet enjeu. Alors que le vieillissement de la population française accroît la vulnérabilité aux maladies liées à l'inactivité, les Assises du muscle pourraient constituer un tournant dans la prise de conscience collective. Le corps humain, rappellent les scientifiques, n'a pas évolué pour rester assis huit heures par jour devant un écran.