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Notation plus sévère de l’orthographe aux examens : "On va décourager des élèves", "Pas rare d’avoir 20 fautes en deux lignes"… Les profs partagés sur la mesure

Une · · Par Claire BERNARD

Notation plus sévère de l’orthographe aux examens :

Dès la rentrée 2026, les copies du brevet et du baccalauréat seront évaluées selon un barème renforcé sur l'orthographe et la syntaxe. Une mesure dévoilée cette

Dès la rentrée 2026, les copies du brevet et du baccalauréat seront évaluées selon un barème renforcé sur l'orthographe et la syntaxe. Une mesure dévoilée cette semaine par le ministre de l'Éducation, qui divise profondément le corps enseignant, selon les témoignages recueillis par Midi Libre. ## Un tour de vis annoncé pour 2026 Le nouveau barème, présenté cette semaine par le ministère de l'Éducation, prévoit une notation plus sévère de l'orthographe et de la syntaxe lors des examens nationaux de 2026, rapporte Midi Libre. Concrètement, les copies du brevet et du baccalauréat feraient l'objet d'une vigilance accrue sur la qualité de la langue, avec des pénalités alourdies en cas de fautes répétées. Cette annonce s'inscrit dans un contexte de préoccupation croissante autour du niveau des élèves en maîtrise de l'écrit. Selon des données régulièrement citées par le ministère, les performances en orthographe des élèves français auraient reculé de manière significative au cours des deux dernières décennies, notamment lors des évaluations nationales de fin de collège. Le gouvernement entendrait ainsi envoyer un signal fort aux établissements et aux familles. ## Des correcteurs partagés Du côté des enseignants, la mesure suscite des réactions contrastées. Certains professeurs interrogés par Midi Libre y voient une réponse nécessaire à une dégradation qu'ils constatent quotidiennement dans leurs copies. « Pas rare d'avoir 20 fautes en deux lignes », témoigne l'un d'eux, décrivant un niveau qui rendrait parfois la compréhension des copies elle-même difficile. D'autres, en revanche, redoutent les effets pervers d'un tel durcissement. « On va décourager des élèves », alerte un enseignant, qui estime que la sanction risque de pénaliser en priorité les publics les plus fragiles, sans garantir une amélioration réelle des compétences. Selon cette lecture, la notation sévère interviendrait trop tard dans le parcours scolaire pour produire un effet correctif. ## La question des moyens en amont La principale interrogation soulevée par les syndicats et une partie des équipes pédagogiques porte sur l'articulation entre sanction et apprentissage. En effet, le barème annoncé ne précise pas, à ce stade, quels dispositifs d'accompagnement seraient renforcés en amont, notamment en primaire et au collège, pour prévenir les lacunes orthographiques. Selon des sources syndicales citées par la presse régionale, l'efficacité de la mesure dépendra largement des moyens alloués à la remédiation, de la formation des enseignants et de l'évolution des programmes. Toutefois, le ministère n'aurait pas encore détaillé le volet budgétaire associé à cette réforme. ## Un débat de fond sur l'évaluation Au-delà du barème, la controverse touche à la fonction même de l'examen national. Pour une partie des enseignants, le bac et le brevet doivent certifier un niveau minimal de maîtrise de la langue écrite, condition jugée indispensable à la poursuite d'études supérieures ou à l'insertion professionnelle. Pour une autre, l'examen ne saurait se substituer à une politique éducative globale. Le débat pourrait s'intensifier dans les mois à venir, à mesure que les modalités précises du barème seront publiées. Les premières sessions concernées, prévues en 2026, constitueront un test grandeur nature dont les résultats devraient alimenter la réflexion sur l'opportunité d'un tel durcissement.