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"Nos salaires avant leurs dividendes": les syndicats de Decathlon appellent les salariés à la mobilisation nationale samedi

Economie · · Par Julie MOREAU

Alors que Decathlon affiche des résultats financiers record pour l’exercice 2025, le climat social s’assombrit dans l’enseigne leader des articles de sport en F

Alors que Decathlon affiche des résultats financiers record pour l’exercice 2025, le climat social s’assombrit dans l’enseigne leader des articles de sport en France. Ce mardi, l’intersyndicale – CFDT, CFTC, CGT, CFE-CGC et Unsa – a lancé un appel à la mobilisation nationale des salariés, prévue ce samedi 6 juin, pour exiger une revalorisation salariale et dénoncer ce qu’elle considère comme un partage inéquitable des profits. Au cœur du conflit : un bénéfice net en hausse de 16 % et des revendications de pouvoir d’achat restées, selon les syndicats, sans réponse de la direction. ## Des résultats financiers en forte progression Decathlon a annoncé en avril dernier un bénéfice net de 910 millions d’euros pour l’année 2025, en progression de 16 % par rapport à l’exercice précédent. Le chiffre d’affaires a, lui, atteint 16,8 milliards d’euros, soit une hausse de 4 %. Ces performances, saluées par les analystes, interviennent dans un contexte de reprise du marché du sport et d’optimisation des coûts. Pourtant, pour les syndicats, ces chiffres contrastent avec la situation des 27 000 salariés français de l’entreprise. Le tract intersyndical, consulté par BFM Business, dénonce « des bénéfices qui s’accumulent… le pouvoir des salariés qui recule ! ». Le message est sans ambiguïté : « Nos salaires avant leurs dividendes », martèle la CFTC, première organisation syndicale de l’enseigne. ## Un appel inédit à la mobilisation nationale Il s’agit du premier appel intersyndical à la mobilisation dans l’histoire de Decathlon, selon Grégory Labrousse, délégué syndical central CFTC, cité par nos confrères. Ce front commun traduit une exaspération partagée par l’ensemble des organisations représentatives. Dans un communiqué, la CFDT explique que « face au refus de la direction de Decathlon de s’engager pour préserver le pouvoir d’achat de ses salariés, l’ensemble des organisations syndicales représentatives de l’entreprise appelle à une mobilisation ». Les syndicats pointent du doigt une augmentation de la charge de travail, des effectifs jugés insuffisants dans les magasins et entrepôts, ainsi qu’une pression commerciale croissante. Une pétition lancée fin mai par l’intersyndicale a déjà recueilli près de 1 400 signatures, dénonçant « une entreprise qui surperforme sur le dos de ses salariés ». ## Des revendications salariales au cœur du conflit Les syndicats demandent une revalorisation générale des salaires pour compenser l’érosion du pouvoir d’achat, dans un contexte d’inflation persistante. Selon les tracts diffusés, les salariés constatent « chaque jour une augmentation de leur charge de travail, des effectifs insuffisants dans de nombreux magasins et entrepôts, ainsi qu’une pression toujours plus forte pour atteindre les objectifs commerciaux ». Le refus de la direction d’ouvrir des négociations sur ce point a cristallisé la colère. L’intersyndicale estime que la part des profits reversée aux actionnaires – sous forme de dividendes – est disproportionnée par rapport aux efforts demandés aux équipes. Le slogan « Nos salaires avant leurs dividendes » résume cette opposition frontale. ## Conclusion : un test pour le dialogue social chez Decathlon Cette mobilisation nationale, prévue samedi, constituera un test pour le dialogue social au sein de Decathlon. Alors que l’entreprise affiche une santé financière insolente, les syndicats entendent peser sur les négociations à venir, notamment en vue de la prochaine réunion avec la direction. L’issue de ce mouvement pourrait influencer les pratiques de partage de la valeur dans le secteur du commerce de détail, où les tensions sur le pouvoir d’achat restent vives. Reste à savoir si la direction, qui n’a pas encore répondu officiellement à l’appel, acceptera de rouvrir des discussions salariales avant l’été.