Nogent-sur-Seine, Chinon… Quelles sont les villes où EDF pourrait construire de nouveaux réacteurs nucléaires ?

Alors que les choix d'implantation des six premiers réacteurs EPR 2 sont officiellement arrêtés, la liste des sites pressentis pour accueillir les huit suivants
Alors que les choix d'implantation des six premiers réacteurs EPR 2 sont officiellement arrêtés, la liste des sites pressentis pour accueillir les huit suivants se précise au sein du groupe EDF. Selon des informations rapportées par *Le Figaro* le 7 septembre 2026, le sixième conseil de politique nucléaire, attendu à l'automne, pourrait donner le coup d'envoi à la construction de quatre paires supplémentaires de réacteurs. Six communes ou territoires, dont Nogent-sur-Seine (Aube) et Chinon (Indre-et-Loire), sont officiellement candidats, tandis que le changement climatique s'impose comme un nouveau paramètre dans les arbitrages.
## Un calendrier gouvernemental sous tension
Le conseil de politique nucléaire, instance présidée par le chef de l'État, devrait acter l'extension du parc électronucléaire français au-delà des six premiers EPR 2 déjà attribués à Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord) et Bugey (Ain). Selon les éléments publiés par le quotidien, EDF pourrait lever le voile avant la fin de l'année sur l'identité des quatre prochains sites retenus. Cette annonce s'inscrirait dans la trajectoire fixée par la programmation énergétique, qui vise à renforcer la souveraineté électrique nationale à l'horizon 2035-2040. Les collectivités territoriales concernées multiplient d'ailleurs les démarches de lobbying auprès des services centraux de l'énergéticien, conscients des retombées économiques et industrielles considérables associées à un tel chantier.
## Nogent-sur-Seine et Chinon en première ligne
Parmi les candidatures officielles, la centrale de Nogent-sur-Seine, située dans l'Aube, présente des atouts techniques non négligeables. Selon des sources industrielles, le site dispose déjà d'une infrastructure de refroidissement performante et d'une main-d'œuvre qualifiée susceptible d'être mobilisée pour un chantier d'ampleur. La ville de Chinon, en Indre-et-Loire, figure également sur la liste, forte de son expérience historique dans l'exploitation nucléaire depuis les années 1960. Toutefois, des contraintes hydrologiques liées à la Loire, dont le débit estival tend à diminuer sous l'effet du réchauffement climatique, pourraient compliquer le dossier. Les services de l'État examineraient avec une attention particulière ces paramètres environnementaux, désormais intégrés en amont des études de faisabilité.
## Le climat, nouvel arbitre des implantations
Le changement climatique, plus rapide et plus important que prévu, s'invite directement dans le débat sur la localisation des futurs réacteurs. Selon les éléments rapportés par *Le Figaro*, les épisodes de sécheresse et les canicules répétées observés ces dernières années imposent de nouvelles contraintes techniques aux exploitants. Les centrales nucléaires, qui dépendent de l'eau pour leur refroidissement, pourraient voir leur fonctionnement perturbé lors des périodes de stress hydrique. Cette problématique serait au cœur des discussions entre EDF et les pouvoirs publics, certains sites historiques situés en bordure de fleuves au débit irrégulier étant potentiellement défavorisés par rapport à des implantations littorales. Le choix final devra concilier impératifs de sécurité, acceptabilité locale et adaptation aux évolutions climatiques projetées à l'horizon 2050.
## Vers une relance industrielle sans précédent
Au-delà des considérations géographiques, ce programme de quatorze réacteurs EPR 2 représente un défi industriel majeur pour la filière nucléaire française. Selon des estimations publiées par les services de programmation, chaque paire de réacteurs mobiliserait plusieurs milliers d'emplois directs et indirects pendant la phase de construction, puis plusieurs centaines pour l'exploitation. Les territoires candidats espèrent également attirer des écosystèmes de sous-traitants spécialisés, générant une dynamique économique locale durable. Toutefois, la soutenabilité financière du projet, dont le coût global est évalué à plusieurs dizaines de milliards d'euros, reste conditionnée aux arbitrages budgétaires de l'État et à la capacité d'EDF à tenir ses calendriers, alors que le groupe doit parallèlement assurer le maintien en condition opérationnelle du parc existant. Les prochains mois s'annoncent décisifs pour déterminer la carte définitive du nucléaire français de demain.