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Niger: des dizaines d'arrestations parmi les soldats mutinés, retour au calme à Niamey

Monde · · Par Claire BERNARD

Niger: des dizaines d'arrestations parmi les soldats mutinés, retour au calme à Niamey

Le calme est revenu à Niamey, la capitale du Niger, après une tentative de mutinerie survenue samedi 29 août. Des militaires rebelles ont cherché à s'emparer du

Le calme est revenu à Niamey, la capitale du Niger, après une tentative de mutinerie survenue samedi 29 août. Des militaires rebelles ont cherché à s'emparer du palais présidentiel et de la télévision nationale avant de se retrancher dans la base militaire de l'aéroport, selon des informations rapportées par RFI. Le régime en place aurait depuis repris la main, procédant à des dizaines d'interpellations parmi les soldats impliqués. ## Une tentative de prise de contrôle avortée D'après les éléments communiqués par RFI, l'opération des mutins s'est déroulée en plusieurs phases samedi. Les militaires rebelles auraient d'abord tenté d'investir le palais présidentiel, siège du pouvoir exécutif, avant de se diriger vers les locaux de la télévision nationale, sans doute dans l'objectif de contrôler les canaux de communication. Repoussés sur ces deux points, ils se seraient finalement retranchés dans la base militaire située à proximité de l'aéroport international de Niamey, transformant ce site en dernier retranchement. Cette séquence rappelle les précédentes tentatives de déstabilisation qu'a connues le Niger ces dernières années. Le pays, dirigé depuis 2021 par le président Mohamed Bazoum, élu à l'issue d'un scrutin jugé crédible par la communauté internationale, a déjà été confronté à des coups d'État avortés, notamment en mars 2021, quelques jours avant l'investiture du chef de l'État. La persistance de ces velléités putschistes s'inscrit dans un contexte régional marqué par une série de coups de force au Mali, au Burkina Faso et en Guinée depuis 2020. ## Des interpellations massives sans bilan officiel Selon les informations relayées par RFI, le régime aurait procédé à des dizaines d'arrestations parmi les soldats impliqués dans cette mutinerie. Ces interpellations concerneraient à la fois les auteurs directs de la tentative et d'éventuels complices au sein des forces armées nigériennes. Aucun bilan officiel n'a toutefois été publié à ce stade, ni concernant le nombre de personnes arrêtées, ni concernant d'éventuelles victimes lors des affrontements. Les autorités nigériennes n'ont pas encore communiqué officiellement sur les circonstances exactes de cette tentative de déstabilisation, ni sur les motivations des mutins. Il semblerait que la situation soit désormais sous contrôle, la base militaire de l'aéroport ayant été reprise par les forces loyalistes. La chaîne de télévision nationale aurait également retrouvé un fonctionnement normal, après une interruption temporaire de ses programmes durant l'incident. Cette mutinerie survient dans un climat sécuritaire déjà tendu pour le Niger, confronté sur son territoire à la présence de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique, particulièrement actifs dans la région dite des trois frontières, à la limite du Mali et du Burkina Faso. Le pays doit également faire face à une crise humanitaire, avec plus de 3,7 millions de personnes ayant besoin d'assistance, selon les données des Nations unies publiées en 2024. ## Un contexte sahélien instable La tentative de mutinerie à Niamey pourrait s'inscrire dans un contexte sahélien plus large, où les transitions politiques se multiplient. Depuis 2020, le Mali a connu deux coups d'État, en août 2020 et en mai 2021, suivis par des coups de force au Burkina Faso en janvier et septembre 2022, puis en Guinée en septembre 2021. Le Niger, qui partage des frontières avec ces trois pays, apparaît comme un îlot de stabilité relative dans la région, ce qui rend d'autant plus notable cette tentative de déstabilisation. Le régime du président Bazoum, élu avec 55,6 % des voix au second tour de l'élection présidentielle de février 2021, a fait de la lutte contre le terrorisme une priorité nationale. La coopération militaire avec la France et les États-Unis, qui disposent de bases sur le sol nigérien, constitue un pilier de cette stratégie. Environ 1 500 soldats français sont déployés dans le cadre de l'opération Barkhane, tandis que les États-Unis ont installé une base de drones à Agadez, dans le nord du pays. ## Des interrogations sur les soutiens des mutins Les motivations précises des soldats mutinés restent à ce jour inconnues. Selon des observateurs de la vie politique nigérienne, plusieurs hypothèses pourraient être avancées, allant d'un mécontentement lié aux conditions de solde et d'équipement à des considérations plus politiques. Les conditions de détention des personnes interpellées, ainsi que les chefs d'accusation qui pourraient être retenus contre elles, ne sont pas encore connus. Le gouvernement nigérien n'a pas communiqué sur d'éventuelles mesures visant à renforcer la sécurité autour des institutions clés du pays. La réaction de la communauté internationale, notamment des partenaires régionaux comme la CEDEAO et l'Union africaine, ainsi que des alliés occidentaux, sera observée dans les prochains jours. La stabilité du Niger est en effet considérée comme stratégique pour l'ensemble de la région sahélo-saharienne, tant sur le plan sécuritaire qu'économique. L'issue de cette tentative de mutinerie, marquée par un retour au calme et des interpellations massives, pourrait néanmoins laisser des traces dans un pays où l'armée joue un rôle central dans l'équilibre institutionnel. Les prochaines semaines permettront sans doute d'en savoir davantage sur les ressorts de cette rébellion et sur les conséquences qu'elle pourrait avoir sur la gouvernance du Niger.