Nicolas Baverez : « Fausse paix avec l’Iran, vraie guerre avec la Russie »

Nicolas Baverez : « Fausse paix avec l’Iran, vraie guerre avec la Russie » Dans une chronique publiée le 20 juin 2026 dans Le Figaro, l’essayiste et avocat Nico
Nicolas Baverez : « Fausse paix avec l’Iran, vraie guerre avec la Russie »
Dans une chronique publiée le 20 juin 2026 dans Le Figaro, l’essayiste et avocat Nicolas Baverez livre une analyse tranchante de la situation géopolitique mondiale. Selon lui, les conflits en Ukraine et en Iran ne seraient pas des crises séparées, mais bien les deux fronts d'une même guerre menée par un bloc comprenant la Chine, la Russie, l'Iran et la Turquie contre un Occident que les États-Unis, sous l'administration Trump, s'emploieraient à affaiblir de l'intérieur.
Le G7 d'Évian : une diplomatie sous tension
Le G7 qui s'est tenu à Évian du 15 au 17 juin 2026 a été marqué par une dynamique paradoxale. Alors que les discussions devaient initialement porter sur la réduction des grands déséquilibres économiques mondiaux, elles ont été rapidement éclipsées par la gestion des crises géopolitiques et des « guerres en chaîne » qui se succèdent depuis 2022. Le sommet a notamment culminé avec un événement majeur : la signature par Donald Trump, le 17 juin au château de Versailles, d’un protocole d’accord avec l’Iran. Ce geste diplomatique, perçu par certains comme une tentative de désescalade au Moyen-Orient, est qualifié par Nicolas Baverez de « fausse paix », suggérant qu'il pourrait s'agir d'un arrangement précaire plutôt que d'une résolution durable des tensions.
Un fragile rééquilibrage transatlantique
Parallèlement à ce rapprochement avec Téhéran, le fragile cessez-le-feu au Moyen-Orient aurait ouvert la voie à une « précaire réactivation du lien transatlantique », cette fois autour du soutien à l'Ukraine. Selon les informations rapportées par Le Figaro, les conversations entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky auraient débouché sur plusieurs mesures concrètes. Il s'agirait notamment du renforcement des défenses antiaériennes et des systèmes d’interception de l’Ukraine, y compris via la fabrication sous licence de matériel occidental. Par ailleurs, un rétablissement des sanctions sur les exportations d'hydrocarbures russes serait en cours, accompagné du déblocage du détroit d'Ormuz et d'un « retour progressif à la normale du marché pétrolier ». Ces éléments indiqueraient une volonté américaine de maintenir une pression sur Moscou, contrastant avec l'apaisement recherché avec l'Iran.
Un diagnostic alarmant sur la stratégie occidentale
Pour Nicolas Baverez, cette dualité diplomatique ne serait pas une simple incohérence tactique, mais le reflet d'une stratégie plus large et dangereuse. Il estime que les États-Unis, sous la direction de Donald Trump, commettent « la folie de vouloir détruire » l'Occident lui-même, en affaiblissant les alliances traditionnelles tout en cherchant des compromis avec des puissances considérées comme hostiles. L'essayiste voit dans la signature de l'accord avec l'Iran une concession majeure qui ne ferait que renforcer le camp adverse, tandis que le soutien à l'Ukraine, bien que réel, resterait insuffisant face à ce qu'il décrit comme une « guerre d'extermination » menée par la Russie. Cette analyse place la Chine, la Russie, l’Iran et la Turquie comme les piliers d’une coalition cherchant à redessiner l’ordre mondial au détriment des démocraties occidentales.
Vers une recomposition globale des équilibres
La chronique de Nicolas Baverez, publiée dans un contexte de tensions multiples, interroge sur la capacité des puissances occidentales à maintenir une ligne cohérente face à des adversaires perçus comme déterminés. Le contraste entre la « fausse paix » avec l’Iran et la « vraie guerre » avec la Russie pourrait, selon l'auteur, refléter une absence de vision stratégique d'ensemble. Alors que le G7 d'Évian a tenté d'afficher une unité de façade, les décisions prises — ou leurs absences — pourraient avoir des répercussions durables sur la sécurité européenne et la stabilité du Moyen-Orient. L'avenir dira si ce fragile équilibre diplomatique tiendra ou s'il prépare le terrain à de nouveaux affrontements.