« Netanyahou nous a abandonnés » : dans le nord d’Israël, la colère des habitants de Metula sous le feu du Hezbollah

« Netanyahou nous a abandonnés » : dans le nord d’Israël, la colère des habitants de Metula sous le feu du Hezbollah Dans la petite ville de Metula, en Galilée,
« Netanyahou nous a abandonnés » : dans le nord d’Israël, la colère des habitants de Metula sous le feu du Hezbollah
Dans la petite ville de Metula, en Galilée, frontalier du Liban, le ciel n’est plus qu’un champ de bataille. Un missile de défense aérienne israélien intercepte un projectile du Hezbollah au-dessus des toits, dimanche 7 juin 2026, laissant une épaisse traînée blanche dans l’azur. Selon un reportage du Figaro signé Stanislas Poyet, les habitants, pourtant bastion de la droite israélienne, expriment une colère inédite envers le premier ministre Benyamin Netanyahou, qu’ils accusent d’avoir délaissé la frontière libanaise. Leur défiance ne traduit pas un rejet de la guerre, mais l’attente d’une riposte plus brutale contre l’organisation chiite.
Un quotidien sous les tirs du Hezbollah
Depuis le petit matin, sept missiles et drones du Hezbollah ont survolé Metula, selon les informations rapportées par le correspondant sur place. Un sifflement sourd déchire le silence matinal, vite suivi d’une déflagration sonore. Le missile intercepteur, parti d’une batterie cachée derrière d’épais blocs de béton, détruit en vol le projectile lancé depuis le Liban. Dans le même temps, l’armée israélienne a mené une frappe d’ampleur à Beyrouth, malgré le cessez-le-feu en vigueur, illustrant les prémisses d’une escalade qui, le soir même, se soldera par de nouveaux affrontements.
Les habitants de Metula, interrogés par Le Figaro, ne cachent pas leur amertume. « Netanyahou nous a abandonnés », résume l’un d’eux, joint par l’envoyé spécial. Le sentiment d’être sacrifiés sur l’autel des priorités stratégiques nationales est palpable. La ville, pourtant située en première ligne, n’aurait pas bénéficié de la même attention que les zones plus médiatisées du sud ou du centre du pays. Cette défiance, selon le reportage, ne traduit pas un rejet de la guerre en tant que telle, mais l’attente d’une riposte plus brutale contre l’organisation chiite, perçue comme trop timide.
Une escalade régionale aux implications multiples
La situation à Metula s’inscrit dans un contexte régional plus large, marqué par une nouvelle escalade entre l’Iran et Israël, comme le rappelle le Figaro dans son édition du 8 juin 2026. La trêve, déjà fragilisée, semble de plus en plus menacée. Les frappes israéliennes à Beyrouth, menées en parallèle des tirs du Hezbollah, pourraient constituer une réponse à des provocations antérieures, mais elles risquent également d’enflammer davantage la frontière nord.
Les experts interrogés par le journal soulignent que le Hezbollah, soutenu par l’Iran, dispose d’un arsenal conséquent, capable de saturer les défenses aériennes israéliennes. Metula, avec ses quelque 1 500 habitants, devient ainsi un symbole de la vulnérabilité des zones frontalières. La colère des résidents, bien que dirigée contre le gouvernement, reflète aussi une inquiétude plus profonde : celle de voir leur ville devenir un champ de bataille permanent, sans perspective de retour à une vie normale.
La défiance comme moteur politique
Cette colère pourrait avoir des répercussions politiques significatives. Dans un bastion traditionnellement acquis à la droite, un tel désaveu envers Netanyahou est rare. Selon des sources locales citées par Le Figaro, les habitants reprochent au premier ministre de ne pas avoir anticipé l’intensification des tirs depuis le Liban, malgré les avertissements répétés des services de renseignement. La gestion de la crise à la frontière nord, jugée insuffisante, alimente un sentiment d’abandon qui pourrait peser sur les prochaines échéances électorales.
Cependant, cette défiance ne se traduit pas par un pacifisme. Les résidents de Metula, décrits comme « durs à cuire » par le correspondant, réclament au contraire une riposte plus massive, susceptible de dissuader le Hezbollah. « Nous ne voulons pas d’une guerre sans fin, mais nous ne pouvons pas vivre sous la menace permanente des roquettes », confie l’un d’eux. Cette position, à la fois critique envers le gouvernement et favorable à une escalade militaire, illustre la complexité des attentes locales.
Perspectives d’une escalade incontrôlée
Alors que le cessez-le-feu semble de plus en plus fragile, la situation à Metula pourrait servir de catalyseur à une escalade régionale plus large. Les frappes israéliennes à Beyrouth, couplées aux tirs du Hezbollah, laissent présager une intensification des hostilités, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour les civils des deux côtés de la frontière. Les habitants de Metula, pris en étau entre leur lassitude et leur exigence de sécurité, incarnent une impasse stratégique : comment répondre à une menace sans provoquer une guerre ouverte ?
Le Figaro, dans son reportage, ne tranche pas. Il laisse entendre que la colère des habitants, bien que légitime, pourrait être instrumentalisée par des factions plus radicales au sein du gouvernement israélien. Dans l’immédiat, Metula reste sous le feu, et ses habitants, entre défiance et résignation, attendent une réponse qui tarde à venir.