Onyx Infos

Népal : pourquoi des centaines de voyageurs se trouvaient dans cette région de l’Himalaya en pleine mousson

Une · · Par Claire BERNARD

Népal : pourquoi des centaines de voyageurs se trouvaient dans cette région de l’Himalaya en pleine mousson

# Népal : pourquoi des centaines de voyageurs se trouvaient dans cette région de l’Himalaya en pleine mousson La crue survenue mercredi dans le nord du Népal et

# Népal : pourquoi des centaines de voyageurs se trouvaient dans cette région de l’Himalaya en pleine mousson La crue survenue mercredi dans le nord du Népal et au Tibet voisin a surpris des centaines de voyageurs sur l'axe de Rasuwagadhi-Gyirong, une zone pourtant réputée pour sa vulnérabilité en période de mousson. Selon les informations rapportées par Le Figaro, au moins 95 personnes ont péri, tandis que le ministère népalais de la Culture, du Tourisme et de l'Aviation civile faisait état de 403 personnes non retrouvées, dont 341 étrangers, selon le dernier bilan disponible en fin d'après-midi. La présence de ces nombreux voyageurs en plein mois d'août interroge, d'autant que cette période est habituellement déconseillée pour les activités de montagne. ## Une porte d'entrée vers le Langtang et le Tibet L'axe Rasuwagadhi-Gyirong constitue l'un des principaux points de passage entre le Népal et la région autonome du Tibet, contrôlée par la Chine. Cette route, qui longe la vallée de la Trishuli, dessert également le parc national du Langtang, l'une des zones de trek les plus prisées de l'Himalaya népalais. Toutefois, selon l'analyse développée par Le Figaro, la motivation principale des voyageurs présents sur place ne serait pas liée à la randonnée, mais à un objectif religieux précis : le pèlerinage autour du mont Kailash, montagne sacrée située dans l'ouest du Tibet. Ce site, considéré comme un lieu saint par plusieurs traditions religieuses — notamment l'hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme — attire chaque année des milliers de fidèles venus accomplir la kora, une circumambulation rituelle d'environ 52 kilomètres autour du sommet. ## Destination Kailash, montagne sacrée Le mont Kailash, culminant à 6 638 mètres, n'a jamais été gravi, en raison de son caractère sacré. Les pèlerins qui s'y rendent empruntent fréquemment l'itinéraire passant par le Népal, via le poste frontière de Rasuwagadhi-Gyirong, avant de rejoindre la ville tibétaine de Saga puis l'axe menant vers la montagne. Selon les éléments rapportés par la presse française, cette route est particulièrement fréquentée durant les mois d'été, malgré les conditions météorologiques difficiles. Les agences de voyage népalaises proposent en effet des circuits combinant séjour à Katmandou, transfert en véhicule tout-terrain jusqu'à la frontière et acclimatation progressive en altitude, avant d'atteindre le site sacré. Un décompte provisoire établi par le Nepal Tourism Board, à partir des informations fournies par les agences de voyages, recensait 384 voyageurs sans nouvelles, dont 93 Népalais et 291 étrangers. Parmi eux figuraient notamment 142 Indiens, 17 Malaisiens, 12 Britanniques, quatre Sud-Africains et trois Américains. ## En août, la mousson n'arrête pas les pèlerinages La saison de la mousson, qui s'étend généralement de juin à septembre, est traditionnellement déconseillée pour les treks en haute altitude en raison des risques de glissements de terrain et de crues soudaines. Cependant, cette période correspond également à des dates importantes du calendrier religieux hindou et bouddhiste. Selon les informations disponibles, le mois d'août est notamment marqué par des célébrations liées à la pleine lune et à des fêtes dédiées à Shiva, dont le mont Kailash est considéré comme la demeure mythique. Cette conjonction calendaire expliquerait l'afflux de pèlerins sur cet axe, malgré les alertes météorologiques. Les autorités népalaises et chinoises avaient pourtant émis des avertissements concernant les précipitations intenses attendues dans la région, mais ceux-ci n'auraient pas dissuadé les voyageurs déjà engagés sur le parcours. Les opérations de recherche se poursuivent, mobilisant les équipes de secours népalaises et chinoises, tandis que les familles des disparus attendent des informations complémentaires. Cette catastrophe soulève par ailleurs des questions sur la gestion des flux touristiques dans des zones à haut risque pendant la mousson, alors que le Népal cherche à développer son secteur touristique après plusieurs années difficiles liées à la pandémie et aux conséquences du séisme de 2015.