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Mythomètre : "L'assurance vie, c'est cher et ça ne rapporte rien", FAUX répond Anthony Petitpas – 06/10

Economie · · Par Julie MOREAU

Mythomètre :

## L'assurance vie, un placement coûteux et stérile ? Une idée reçue déconstruite L'assurance vie traîne une réputation tenace : celle d'un produit onéreux, aux

## L'assurance vie, un placement coûteux et stérile ? Une idée reçue déconstruite L'assurance vie traîne une réputation tenace : celle d'un produit onéreux, aux rendements faméliques, réservé à une élite patrimoniale. Invité de l'émission Mythomètre diffusée sur BFM Business le 6 octobre, Anthony Petitpas a entrepris de démonter cette croyance largement répandue. Selon lui, cette affirmation relève du mythe plutôt que de la réalité économique du contrat. ## Un coût réel mais souvent mal évalué L'argument selon lequel l'assurance vie serait « chère » mérite d'être nuancé. Les frais d'entrée, historiquement élevés sur certains contrats vendus par les réseaux bancaires traditionnels, ont progressé à la baisse sous la pression concurrentielle des courtiers en ligne. Les frais de gestion annuels, généralement compris entre 0,5 % et 1 % des encours, constituent le principal poste de dépense. Anthony Petitpas souligne, dans cet épisode du podcast Mythomètre, que la comparaison avec d'autres enveloppes d'épargne doit intégrer la fiscalité avantageuse du contrat, notamment son régime successoral. Un contrat correctement négocié affiche ainsi des frais qui ne le rendent pas structurellement plus coûteux qu'un compte-titres ordinaire, surtout après plusieurs années de détention. ## Une performance qui dépend du support choisi Sur le volet du rendement, la confusion est fréquente entre le fonds en euros et les unités de compte. Le fonds en euros, capital garanti, a vu ses rendements s'éroder avec la baisse des taux, tombant autour de 2 % nets en moyenne ces dernières années. Mais l'assurance vie n'est pas cantonnée à ce support. Elle héberge également des unités de compte — actions, obligations, immobilier — dont la performance dépend des marchés financiers. Anthony Petitpas rappelle que la rentabilité d'un contrat dépend avant tout de l'allocation choisie par l'épargnant et de son horizon de placement. Un contrat investi majoritairement en unités de compte sur vingt ans affiche une trajectoire radicalement différente de celle d'un contrat monétarisé à 100 % sur le fonds en euros. ## Un cadre fiscal et successoral à part L'atout le plus tangible de l'assurance vie réside dans son enveloppe fiscale. Après huit ans de détention, les plus-values bénéficient d'un abattement annuel et d'une fiscalité allégée. Surtout, le contrat permet de transmettre jusqu'à 152 500 euros par bénéficiaire hors droits de succession, un dispositif sans équivalent dans le paysage patrimonial français. Ce levier successoral explique pourquoi l'assurance vie demeure le placement préféré des Français, avec plus de 1 900 milliards d'euros d'encours. Cette dimension est rarement mise en avant dans les critiques adressées au produit. ## Une question d'usage plus que de nature La controverse autour de l'assurance vie traduit davantage un problème d'usage que de conception. Un contrat mal paramétré, surchargé en frais ou investi exclusivement sur le fonds en euros, peut effectivement décevoir. À l'inverse, un contrat piloté, diversifié et conservé sur le long terme remplit pleinement son rôle d'outil d'épargne et de transmission. L'analyse d'Anthony Petitpas invite donc à dépasser le slogan pour examiner la réalité chiffrée de chaque contrat. Reste que le débat sur la transparence des frais et la lisibilité des supports demeure ouvert, alors que les autorités de régulation appellent régulièrement le secteur à davantage de clarté envers les épargnants.