Onyx Infos

Mouvement du 17 octobre : "Tous les types d’armes intermédiaires pourront être utilisés", Laurent Nuñez promet une riposte très ferme

Une · · Par Claire BERNARD

Mouvement du 17 octobre :

À la veille de la mobilisation nationale prévue le samedi 17 octobre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé que les forces de l'ordre pourraient de

À la veille de la mobilisation nationale prévue le samedi 17 octobre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé que les forces de l'ordre pourraient de nouveau recourir à des grenades assourdissantes, selon des informations rapportées par Midi Libre. Cette déclaration, formulée en amont d'un rendez-vous social à haut risque, marque un durcissement du discours gouvernemental sur la gestion des manifestations. ## Un arsenal élargi revendiqué par Beauvau Selon les propos relayés par Midi Libre, Laurent Nuñez a précisé que « tous les types d'armes intermédiaires pourront être utilisés » si la situation l'exige. Cette formulation, qui englobe notamment les grenades assourdissantes, les lanceurs de balles de défense et les dispositifs de dispersion, pourrait constituer un signal fort adressé aux organisateurs comme aux participants. Le ministre de l'Intérieur semble ainsi vouloir prévenir tout débordement en amont, plutôt que d'intervenir dans l'urgence. D'après des sources gouvernementales citées par le quotidien régional, cette doctrine s'inscrirait dans la continuité des dispositifs déployés lors de précédentes mobilisations, notamment celles liées à la réforme des retraites, où l'usage de ces équipements avait fait l'objet de vives controverses. ## Un contexte de tension croissante Cette annonce intervient dans un climat social particulièrement tendu. Le mouvement du 17 octobre, porté par plusieurs organisations syndicales et collectifs citoyens, s'inscrit dans une séquence de mobilisations qui, depuis plusieurs mois, cristallise les oppositions autour des politiques budgétaires et sociales du gouvernement. En effet, les appels à la grève et à la manifestation se sont multipliés, et les autorités redoutent des débordements similaires à ceux observés lors de rassemblements antérieurs. D'après des sources policières, un dispositif renforcé serait déjà en cours de préparation dans plusieurs grandes villes, notamment à Paris, Lyon et Marseille. ## Un débat de fond sur l'usage de la force L'utilisation des armes intermédiaires, et singulièrement des grenades assourdissantes, demeure un sujet de controverse récurrent en France. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et la Ligue des droits de l'Homme, ont régulièrement dénoncé les risques de blessures graves, voire irréversibles, associés à ces équipements. Toutefois, les autorités invoquent systématiquement la nécessité de maintenir l'ordre public et de protéger les biens et les personnes. Selon un rapport parlementaire publié en 2021, l'usage de ces armes avait donné lieu à plusieurs centaines de blessures lors des manifestations des « gilets jaunes », un bilan qui continue d'alimenter les critiques. ## Une riposte annoncée, des questions en suspens La promesse d'une riposte « très ferme » formulée par Laurent Nuñez pourrait toutefois se heurter à plusieurs écueils. D'une part, la doctrine d'emploi de ces armes reste encadrée par des règles strictes, et leur usage doit être proportionné à la menace. D'autre part, la répétition de ces annonces sécuritaires, sans évolution législative majeure, semblerait davantage relever d'une stratégie de communication que d'un changement opérationnel profond. Par ailleurs, la question de la responsabilité en cas d'incident grave demeure entière, alors que plusieurs procédures judiciaires visant des policiers sont toujours en cours. À l'approche du 17 octobre, l'équilibre entre maintien de l'ordre et respect des libertés publiques s'annonce une nouvelle fois délicat. Les prochaines heures diront si l'avertissement ministériel suffira à dissuader les tensions, ou s'il contribuera, au contraire, à les exacerber.