Moscou lui ferme son marché, Bruxelles lui ouvre: l'UE supprime les droits de douane sur 80% des exportations arméniennes

## L'Union européenne ouvre ses marchés à l'Arménie face aux pressions russes Les États membres de l'Union européenne ont donné jeudi leur feu vert à la suspens
## L'Union européenne ouvre ses marchés à l'Arménie face aux pressions russes
Les États membres de l'Union européenne ont donné jeudi leur feu vert à la suspension, pour une durée de deux ans, des droits de douane sur près de 80 % des exportations arméniennes à destination du territoire européen. Ce geste commercial, porté par la volonté de soutenir Erevan face aux restrictions imposées par Moscou, fait suite à l'aval du Parlement européen la semaine dernière. Il marque un tournant dans les relations entre Bruxelles et le pays du Caucase, engagé dans un rapprochement assumé avec l'Europe.
## Un éventail large de produits exonérés
Le texte adopté jeudi couvre une gamme étendue de marchandises, avec une attention particulière portée aux produits agricoles. Selon les informations rapportées, les pommes de terre, melons, tomates, framboises et noisettes figurent parmi les produits désormais exonérés. Les fleurs, certaines huiles végétales, des boissons alcoolisées, des textiles, des produits chimiques et des métaux sont également concernés par cette levée provisoire des barrières douanières. Cette ouverture intervient alors que la Russie a multiplié les restrictions commerciales contre l'Arménie, en réaction à son virage pro-européen.
## Des quotas pour les produits jugés sensibles
Pour certains fruits et légumes considérés comme sensibles par les Européens, l'accès à taux zéro reste encadré par des contingents. Les abricots bénéficieront d'un quota de 7 000 tonnes, les raisins de 5 000 tonnes, les concombres de 6 500 tonnes et les prunes de 1 500 tonnes. Ces limitations visent à protéger les producteurs européens des secteurs concernés, tout en offrant aux exportateurs arméniens un débouché significatif. Le dispositif reste toutefois temporaire, puisqu'il est prévu pour une durée de deux ans.
## Un coût budgétaire limité pour Bruxelles
Sur le plan financier, l'impact pour l'Union européenne demeure modeste. Selon le texte, l'UE « devrait perdre moins de 3 millions d'euros de recettes douanières par an » sur la base du niveau des importations en provenance d'Arménie en 2025. Ce montant réduit souligne le caractère avant tout politique de la mesure, qui vise à offrir à Erevan une alternative économique face à la fermeture progressive du marché russe. La présidence irlandaise du Conseil de l'UE a salué une décision traduisant la solidarité européenne.
## Un signal politique fort
« Nous renforçons notre soutien à l'Arménie et à son peuple, qui ont clairement choisi une voie pro-européenne malgré les pressions extérieures », a déclaré Helen McEntee, ministre irlandaise des Affaires étrangères, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l'UE. Elle a ajouté que ce geste « montre que nos partenaires peuvent toujours compter sur l'Union européenne ». Cette déclaration illustre la dimension géopolitique de l'accord, bien au-delà des seuls enjeux commerciaux.
## Une alternative face à l'étreinte russe
Depuis plusieurs mois, l'Arménie tente de desserrer l'emprise économique de la Russie sur son territoire. Les restrictions commerciales imposées par Moscou ont fragilisé plusieurs secteurs d'exportation arméniens, poussant Erevan à diversifier ses partenaires. L'ouverture du marché européen, même limitée dans le temps et encadrée par des quotas, constitue une bouffée d'oxygène pour les producteurs agricoles et les industriels du pays. Elle envoie surtout un message clair sur la trajectoire géopolitique choisie par le gouvernement arménien.
## Un précédent à confirmer
Reste à savoir si cette suspension temporaire de deux ans débouchera sur un régime commercial durable. Les autorités européennes n'ont pas précisé les conditions d'une éventuelle prolongation, qui dépendra sans doute de l'évolution de la situation régionale et des négociations entre Bruxelles et Erevan. Pour l'heure, l'accord offre à l'Arménie un répit économique précieux et consolide son ancrage vers l'ouest, dans un contexte où Moscou continue de fermer ses portes.