Mort de Lyhanna: Gérald Darmanin ordonne une revue de 70.000 plaintes impliquant des enfants d'ici au 14 juillet

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé dimanche 7 juin 2026 une mesure d’ampleur inédite dans le cadre de l’affaire Lyhanna, cette fillette de 11
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé dimanche 7 juin 2026 une mesure d’ampleur inédite dans le cadre de l’affaire Lyhanna, cette fillette de 11 ans retrouvée morte dans le Gers. Il ordonne une revue systématique de l’intégralité des plaintes impliquant des enfants, soit environ 70.000 dossiers, à travers toute la France, avec une échéance fixée au 14 juillet prochain. Cette décision fait suite à ce que le garde des Sceaux qualifie de « défaillances graves » dans le traitement de cette affaire.
## Une revue systématique des dossiers sous pression
Selon des informations rapportées par *Le Figaro* et l’AFP, Gérald Darmanin a précisé sur LCI qu’il allait demander aux procureurs généraux de reprendre « l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », un volume estimé à 70.000 plaintes. Le ministre a été ferme sur le calendrier : « Je ne partirai pas en vacances » et « il n’y a pas un haut magistrat qui va partir en vacances » tant qu’il n’aura pas reçu « un par un les procureurs généraux » pour faire le bilan de cette revue. Une réunion est d’ailleurs prévue lundi matin à la Chancellerie avec les procureurs généraux pour lancer l’opération.
Cette mesure intervient dans un contexte de forte émotion médiatique et politique autour de la mort de Lyhanna, une enfant de 11 ans qui était suivie par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Les circonstances de son décès, survenu jeudi dans le Gers, ont mis en lumière des dysfonctionnements dans le suivi des signalements et la coordination entre les services judiciaires et sociaux.
## Des défaillances graves reconnues et une procédure de sanction engagée
Gérald Darmanin a reconnu sans détour qu’« il y a eu des défaillances graves » dans l’affaire Lyhanna, citant les remontées de ses procureurs généraux. Il a assuré qu’il rendra public le rapport de l’inspection, qui, « sous quinze jours, dira qui sont les responsables de ces défaillances ». Cette promesse de transparence s’accompagne d’une mise en garde explicite : des sanctions sont « possibles » et « prévues par la Constitution ». Le ministre a précisé qu’en tant que garde des Sceaux, il avait « le droit de proposer des sanctions » contre les magistrats du parquet, allant jusqu’à des mesures disciplinaires.
Cette annonce marque un tournant dans la gestion des affaires de protection de l’enfance. Le ministre semble vouloir envoyer un signal fort aux magistrats et aux travailleurs sociaux, tout en répondant à une opinion publique choquée par ce drame. La revue de 70.000 plaintes représente un chantier colossal, qui pourrait révéler d’autres cas problématiques et susciter de nouvelles réformes.
## Des enjeux de coordination entre la justice et l’ASE
L’affaire Lyhanna a également relancé le débat sur la coordination entre la justice et l’Aide sociale à l’enfance. La fillette, connue des services sociaux, avait fait l’objet de plusieurs signalements, mais les procédures n’avaient pas permis d’éviter le drame. Selon des sources proches du dossier, des défaillances dans la transmission d’informations entre les parquets et les conseils départementaux pourraient être en cause. Gérald Darmanin a d’ailleurs évoqué la nécessité de renforcer les échanges entre ces institutions, sans toutefois détailler les mesures concrètes envisagées.
Cette revue des plaintes pourrait également avoir des implications budgétaires et humaines importantes. Les parquets, déjà sous tension, devront mobiliser des moyens supplémentaires pour traiter ces 70.000 dossiers dans un délai très court. Le ministre a néanmoins assuré que l’État mettrait les ressources nécessaires, sans préciser si des recrutements ou des redéploiements étaient prévus.
## Une perspective de réforme plus large
Au-delà de cette mesure immédiate, l’affaire Lyhanna pourrait accélérer une réforme plus large de la protection de l’enfance en France. Depuis plusieurs années, des rapports parlementaires et associatifs pointent les lacunes du système, notamment le manque de moyens, la complexité des procédures et la multiplication des acteurs. La décision de Gérald Darmanin de rendre public le rapport d’inspection et d’envisager des sanctions pourrait ouvrir la voie à une refonte des pratiques judiciaires et sociales.
Reste à savoir si cette revue des plaintes permettra de prévenir de futurs drames ou si elle ne sera qu’une réponse politique à une émotion médiatique. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’efficacité de cette mesure, alors que le ministre a fixé une échéance ambitieuse au 14 juillet.