Mort de Lyhanna : Dominique de Villepin propose la création d'un parquet pour les violences faites aux femmes et aux enfants

Mort de Lyhanna : Dominique de Villepin propose la création d'un parquet pour les violences faites aux femmes et aux enfants L'ancien Premier ministre Dominique
Mort de Lyhanna : Dominique de Villepin propose la création d'un parquet pour les violences faites aux femmes et aux enfants
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, en pleine préparation de sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, a proposé dimanche la création d'un parquet spécialisé dans les violences faites aux femmes et aux enfants. Cette annonce intervient dans le sillage de la mort de la collégienne Lyhanna, 11 ans, un drame qui suscite une vive émotion et relance le débat sur les défaillances du système judiciaire et de protection de l'enfance en France.
Une proposition inspirée des modèles antiterroristes
Selon des informations rapportées par Le Figaro et l'AFP, Dominique de Villepin s'est exprimé sur le plateau de BFMTV/La Tribune Dimanche pour appeler à « davantage de spécialisation » dans le système judiciaire. « Je propose que nous ayons un parquet spécialisé sur les violences faites aux femmes et aux enfants », a-t-il déclaré, en rappelant que des structures similaires existent déjà pour le terrorisme et le crime organisé. L'ancien chef du gouvernement a justifié cette initiative par la nécessité d'« établir clairement une priorité avec la centralisation sur les grands dossiers qui est nécessaire ». Cette proposition, formulée dans un contexte de pré-campagne présidentielle, vise à répondre à ce qu'il qualifie de « scandale d'État », en référence aux circonstances entourant la mort de la jeune Lyhanna.
Un constat de « multitude de défaillances »
Dominique de Villepin n'a pas limité sa prise de parole à la seule proposition d'un parquet spécialisé. Il a également évoqué la création d'« unités spécialisées » dédiées à ces violences, qu'il considère comme une « urgence nationale ». L'ancien Premier ministre a insisté sur la nécessité d'une meilleure formation des agents de justice, qu'il s'agisse des magistrats, des policiers ou des travailleurs sociaux. « Il faut humaniser », a-t-il ajouté, pointant du doigt « une multitude de défaillances » dans le traitement des affaires de violences intrafamiliales et de maltraitance infantile. Selon lui, ces lacunes systémiques expliquent en partie l'incapacité des institutions à protéger efficacement les victimes les plus vulnérables, comme Lyhanna.
Un débat relancé sur la protection de l'enfance
La mort de Lyhanna, collégienne de 11 ans, a provoqué une onde de choc dans l'opinion publique et au sein de la classe politique. Les circonstances exactes du drame n'ont pas été entièrement élucidées par les enquêteurs, mais plusieurs médias évoquent des signalements antérieurs qui n'auraient pas été suivis d'effets. Cette affaire s'inscrit dans une série de faits divers tragiques qui ont mis en lumière les failles du dispositif français de protection de l'enfance. En proposant la création d'un parquet dédié, Dominique de Villepin cherche à capitaliser sur cette émotion pour imposer un thème fort dans le débat public, à moins d'un an de l'élection présidentielle. Sa proposition rejoint des revendications portées depuis plusieurs années par des associations féministes et de défense des droits de l'enfant, qui réclament une meilleure coordination judiciaire.
Des perspectives politiques et judiciaires
Alors que Dominique de Villepin affine son projet présidentiel, cette annonce pourrait marquer une inflexion dans sa campagne, en mettant l'accent sur des questions de société plutôt que sur des enjeux strictement économiques ou diplomatiques. La création d'un parquet spécialisé nécessiterait toutefois une réforme législative et un investissement budgétaire conséquent, dans un contexte où la justice française est déjà sous pression. Reste à savoir si cette proposition, formulée à titre personnel, pourra fédérer au-delà de son camp politique et aboutir à des avancées concrètes. Le débat sur la protection des femmes et des enfants, ravivé par la tragédie de Lyhanna, semble en tout cas appelé à occuper une place centrale dans les mois à venir, tant sur le plan judiciaire que dans la compétition électorale.