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Migrants expulsés par les États-Unis: en Afrique, des vies en suspens et des droits bafoués

Monde · · Par Claire BERNARD

Migrants expulsés par les États-Unis: en Afrique, des vies en suspens et des droits bafoués

## Migrants expulsés par les États-Unis : en Afrique, des vies en suspens et des droits bafoués Selon les informations rapportées par RFI, dans le cadre d'une e

## Migrants expulsés par les États-Unis : en Afrique, des vies en suspens et des droits bafoués Selon les informations rapportées par RFI, dans le cadre d'une enquête menée avec le consortium Forbidden Stories, la politique d'expulsion migratoire conduite par les États-Unis produit des effets préoccupants sur le continent africain. Après avoir documenté les accords conclus avec les pays acceptant de recevoir ces expulsés, la question du coût humain de ces dispositifs reste entière : que deviennent les personnes renvoyées vers des territoires qu'elles ne connaissent pas ? ## Des accords opaques aux conséquences durables D'après les éléments publiés par RFI, plusieurs pays africains auraient accepté de recevoir des migrants expulsés par les autorités américaines, dans le cadre d'accords dont les modalités exactes demeurent largement méconnues. Ces dispositifs, révélés par l'enquête conjointe avec Forbidden Stories, soulèvent des interrogations sur le consentement réel des États concernés et sur les garanties offertes aux personnes transférées. En effet, les migrants envoyés vers ces pays ne disposent, dans de nombreux cas, d'aucun lien préalable avec le territoire de destination, qu'il s'agisse de nationalité, de famille ou de réseau social. Cette absence d'ancrage pourrait aggraver leur vulnérabilité dès leur arrivée. ## Détention, clandestinité et absence de statut Selon les constats rapportés par RFI, le sort réservé à ces personnes varie fortement d'un pays à l'autre. Certains expulsés seraient détenus dans des centres ou des structures fermées, sans perspective claire de libération ni de régularisation. D'autres vivraient cachés, en situation irrégulière, sans accès aux services publics essentiels tels que les soins de santé ou l'éducation. Cette précarité, documentée par les témoignages recueillis dans le cadre de l'enquête, pose la question du respect des engagements internationaux en matière de droits humains. Toutefois, l'absence de données officielles consolidées rend difficile toute évaluation quantitative précise de l'ampleur du phénomène. ## Des avocats face à des batailles juridiques inédites Par ailleurs, les avocats impliqués dans la défense de ces migrants se heurteraient à des obstacles procéduraux inédits, selon les informations relayées par RFI. La complexité résiderait notamment dans l'articulation entre plusieurs systèmes juridiques — américain, international et celui du pays de réception — ainsi que dans l'opacité des accords bilatéraux. Ces professionnels du droit tenteraient de contester la légalité des transferts, mais se retrouveraient fréquemment confrontés à un manque de transparence sur les conditions exactes des expulsions. Cette situation pourrait, à terme, fragiliser la protection juridique des personnes concernées et créer un vide en matière de responsabilité institutionnelle. ## Un enjeu de responsabilité internationale Cette enquête, menée avec le consortium Forbidden Stories, met en lumière une dimension souvent occultée des politiques migratoires : celle du devenir des personnes après leur expulsion. Si les États-Unis demeurent souverains dans la définition de leur politique migratoire, les conséquences de ces transferts sur les droits fondamentaux des individus interpellent plusieurs organisations internationales. La question de la responsabilité partagée entre pays d'origine, pays de transit et pays de réception pourrait devenir un point central des débats à venir sur la gouvernance mondiale des migrations.