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Meurtre de Thomas à Crépol : le parquet de Valence conteste la circonstance aggravante de racisme pourtant retenue par les juges d’instruction

Une · · Par Claire BERNARD

Meurtre de Thomas à Crépol : le parquet de Valence conteste la circonstance aggravante de racisme pourtant retenue par les juges d’instruction

Le parquet de Valence a rendu lundi un réquisitoire définitif s'opposant à la circonstance aggravante de racisme retenue par les juges d'instruction contre les

Le parquet de Valence a rendu lundi un réquisitoire définitif s'opposant à la circonstance aggravante de racisme retenue par les juges d'instruction contre les 14 individus mis en examen dans le cadre du meurtre de Thomas Perotto, survenu en novembre 2023 lors du bal de Crépol. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, cette divergence entre l'accusation et les magistrats instructeurs porte sur la qualification juridique des faits, sans toutefois modifier l'échelle des peines encourues. ## Une opposition fondée sur la fiabilité des témoignages Dans son réquisitoire, le ministère public évoque des témoignages « très minoritaires », « imprécis et parfois contradictoires » pour justifier sa position. D'après des sources proches du dossier, les déclarations d'une dizaine de témoins ayant entendu des propos à connotation raciale au moment des faits n'apporteraient pas, selon le parquet, un faisceau d'indices suffisamment solide pour caractériser la circonstance aggravante. Les juges d'instruction, qui avaient rendu fin juillet un avis de fin d'information judiciaire, avaient pour leur part estimé que ces éléments justifiaient une telle qualification. Cette étape procédurale marque la clôture des investigations, avant que les juges ne rendent leur ordonnance de mise en accusation. ## Un enjeu davantage symbolique que pénal Quelle que soit la décision finale, les suspects risquent la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de Thomas Perotto. L'enjeu de cette qualification apparaît donc, selon *Le Figaro*, davantage « symbolique » que purement judiciaire. La reconnaissance d'une circonstance aggravante de racisme modifierait en effet la portée sociétale du jugement, sans en changer la peine maximale encourue. Les juges d'instruction restent désormais libres de suivre ou non les réquisitions du parquet dans leur ordonnance de mise en accusation. ## Un dossier sous haute tension médiatique et politique Le meurtre de Thomas Perotto, survenu lors d'un bal à Crépol, dans la Drôme, avait suscité une vive émotion à l'échelle nationale. Une marche en hommage au jeune homme avait notamment rassemblé plusieurs centaines de personnes à Romans-sur-Isère le 22 novembre 2023, comme l'atteste une photographie de l'AFP diffusée à l'époque. Le volet raciste de l'affaire, s'il était confirmé, pourrait alimenter un débat public déjà sensible sur les violences et les discriminations. Toutefois, la prudence du parquet invite à ne pas préjuger de la décision finale des juges d'instruction. ## Une procédure qui pourrait connaître de nouveaux rebondissements L'ordonnance de mise en accusation, qui doit être rendue dans les prochaines semaines, déterminera si la circonstance aggravante est maintenue. En cas de confirmation, les débats devant la cour d'assises pourraient intégrer cette dimension. En cas de rejet, la défense des parties civiles pourrait contester cette décision. Selon des observateurs juridiques, ce type de divergence entre parquet et juges d'instruction demeure rare mais n'est pas sans précédent, et il appartient in fine aux juridictions de jugement de trancher la question sur le fond. L'issue de cette procédure pourrait ainsi être suivie avec attention, tant sur le plan judiciaire que sur le plan symbolique.