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Meurtre de Delphine Aussaguel : géolocalisation suspecte, incohérences… Un avocat de la famille estime que Cédric Jubillar avait planifié le meurtre

Une · · Par Claire BERNARD

Meurtre de Delphine Aussaguel : géolocalisation suspecte, incohérences… Un avocat de la famille estime que Cédric Jubillar avait planifié le meurtre

Le procès de Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse Delphine Aussaguel en décembre 2020, ne se tiendra finalement pas avant le premier semestre 2027,

Le procès de Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse Delphine Aussaguel en décembre 2020, ne se tiendra finalement pas avant le premier semestre 2027, un report acté par la cour d’appel de Toulouse le 21 juillet dernier qui rebat les cartes d’une affaire déjà marquée par les tensions et les zones d’ombre. Alors que la date s’éloigne, les avocats des parties civiles, dont Me Antoine Tézenas, durcissent le ton et avancent des éléments qui, selon eux, accréditent la thèse d’un crime prémédité plutôt que celle d’un acte impulsif. Parmi ces indices, des incohérences dans le récit de Cédric Jubillar et une géolocalisation suspecte de son téléphone la nuit de la disparition sont pointées du doigt comme autant de pièces à conviction d’un scénario préparé de longue date.

Des géolocalisations qui interrogent

Selon des informations rapportées par Midi Libre, l’analyse des données de géolocalisation du téléphone de Cédric Jubillar, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, révèle des mouvements jugés « suspects » par les enquêteurs. Alors que le mari affirmait avoir dormi paisiblement chez lui, à Cagnac-les-Mines (Tarn), les bornes téléphoniques le situeraient à proximité d’un bois, à quelques centaines de mètres du domicile familial, à des horaires où Delphine aurait cessé toute activité. L’avocat de la famille de la victime, Me Antoine Tézenas, a estimé, lors d’une conférence de presse tenue fin juillet, que ces éléments « ne laissent guère de place au hasard » et suggèrent « une organisation préalable ». Il a notamment souligné que Cédric Jubillar aurait pu, selon lui, « repérer les lieux ou se débarrasser d’éléments compromettants » avant de regagner son lit, un scénario qui contredit frontalement sa version des faits.

Des incohérences dans le récit du principal suspect

Par ailleurs, les déclarations successives de Cédric Jubillar aux enquêteurs présentent, d’après les avocats des parties civiles, des contradictions croissantes. Interrogé à plusieurs reprises, l’ancien peintre en bâtiment aurait modifié ses horaires, ses déplacements et même la nature de sa relation avec son épouse la veille du drame. Me Tézenas a relevé que « chaque audition ajoute une couche de confusion » et que « la version initiale d’un simple départ volontaire de Delphine s’effrite au fil des expertises ». Le rapport d’autopsie, qui a conclu à une mort par asphyxie, couplé à l’absence de trace d’effraction au domicile, renforce, pour la partie civile, l’hypothèse d’une intervention d’un proche. Aucune preuve matérielle directe n’a toutefois été formellement établie, mais l’accumulation de ces indices pousse les avocats à réclamer un procès exemplaire.

Un report de procès aux lourdes conséquences

Le report du procès à 2027, décidé par la cour d’appel de Toulouse, suscite l’amertume des parties civiles, qui y voient une « double peine » pour la famille de Delphine Aussaguel. Initialement prévu pour 2025, ce nouveau délai de près de deux ans supplémentaires est justifié par des raisons d’organisation judiciaire et la complexité du dossier. Cependant, pour Me Tézenas, ce recul temporel pourrait également « altérer la mémoire des témoins » et « fragiliser la manifestation de la vérité ». Il a également évoqué le risque que Cédric Jubillar, maintenu en détention provisoire, « utilise ce laps de temps pour peaufiner sa défense ». La défense de l’accusé, de son côté, conteste fermement ces accusations et maintient la thèse d’une disparition non élucidée, dénonçant un « acharnement médiatique et judiciaire ».

Une affaire qui cristallise les tensions

Au-delà des aspects techniques, ce dossier est devenu un symbole des violences conjugales et des difficultés à établir la preuve en l’absence de témoin direct. Delphine Aussaguel, mère de deux enfants, avait entamé une procédure de divorce et exprimé des craintes quant à son intégrité physique auprès de son entourage. Les associations féministes, qui suivent l’affaire de près, estiment que ce report envoie un « signal désastreux » aux victimes de violences intrafamiliales. En attendant 2027, la famille de Delphine et ses avocats continuent de réclamer justice, tandis que Cédric Jubillar, présumé innocent jusqu’à la décision de la cour d’assises, reste détenu dans l’attente de son procès. La justice devra trancher entre la thèse d’un crime prémédité, portée par la partie civile, et celle d’un acte non planifié, défendue par la défense.