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Mer de Chine méridionale: que construit Pékin dans les îles Paracels?

Monde · · Par Claire BERNARD

Mer de Chine méridionale: que construit Pékin dans les îles Paracels?

# Mer de Chine méridionale : que construit Pékin dans les îles Paracels ? Deux bancs de sable situés dans l'archipel contesté des îles Paracels ont été transfor

# Mer de Chine méridionale : que construit Pékin dans les îles Paracels ? Deux bancs de sable situés dans l'archipel contesté des îles Paracels ont été transformés en quelques mois par la Chine en îles artificielles présentant les caractéristiques de bases militaires. Selon des informations rapportées par RFI, ces travaux interviennent après une première phase de construction qui avait permis à Pékin d'édifier une vingtaine d'avant-postes en mer de Chine méridionale depuis 2013, dans une zone maritime revendiquée par plusieurs pays riverains, dont le Vietnam. ## Une reprise des travaux dans un contexte de tensions régionales La transformation de ces deux bancs de sable en installations permanentes représenterait un signal fort de la part de Pékin, qui semblait avoir marqué une pause dans ses opérations de construction en mer de Chine méridionale. D'après les éléments rapportés par RFI, les nouvelles structures érigées présenteraient des similitudes avec les bases militaires déjà opérationnelles sur d'autres récifs de l'archipel des Paracels, notamment en termes d'aménagements portuaires et de pistes d'atterrissage. Cette reprise des travaux intervient dans un contexte diplomatique particulièrement tendu. Le Vietnam, qui revendique la souveraineté sur une partie des îles Paracels, aurait exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations face à l'accélération des chantiers chinois dans la zone. Les autorités vietnamiennes considéreraient ces constructions comme une violation de leur intégrité territoriale, tandis que Pékin maintient sa position historique de revendication complète sur cet archipel. ## Des infrastructures à double usage civil et militaire Les observations satellitaires réalisées ces derniers mois permettraient d'identifier la nature des équipements déployés sur ces nouveaux avant-postes. Selon des analyses d'experts cités par RFI, les installations comprendraient des radars de surveillance, des systèmes de communication avancés ainsi que des zones de stockage susceptibles d'accueillir du matériel logistique. La configuration des quais suggérerait également la capacité d'accueillir des navires de taille moyenne, renforçant l'hypothèse d'une utilisation militaire de ces plateformes. Cependant, les autorités chinoises présentent généralement ces constructions comme des installations à vocation civile, destinées à la sécurité de la navigation ou à la recherche scientifique. Cette dualité d'usage compliquerait l'évaluation précise des intentions de Pékin par les observateurs internationaux, d'autant plus que la Chine insiste sur son droit à développer des infrastructures dans ce qu'elle considère comme ses eaux territoriales. ## Une stratégie d'endiguement progressive La multiplication de ces avant-postes depuis 2013 s'inscrirait dans une stratégie plus large de consolidation de la présence chinoise en mer de Chine méridionale. Cette zone, traversée par environ un tiers du trafic maritime mondial, constitue un enjeu stratégique majeur pour Pékin, tant sur le plan économique que militaire. Les travaux récents dans les Paracels pourraient ainsi viser à étendre la capacité de projection chinoise dans une région où les États-Unis mènent régulièrement des patrouilles de "liberté de navigation". Les réactions internationales à ces nouvelles constructions sembleraient mesurées pour l'instant, les différentes parties prenantes privilégiant les canaux diplomatiques. Le Vietnam aurait toutefois renforcé sa coopération militaire avec d'autres partenaires régionaux, notamment les États-Unis et l'Inde, en réponse à cette présence chinoise croissante. Les prochains mois pourraient s'avérer déterminants pour évaluer si cette reprise des travaux constitue une nouvelle étape dans la militarisation progressive de la zone ou si des négociations permettront d'apaiser les tensions.