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Même si la guerre s'arrêtait, "il faudrait près d'un an, voire plus" avant un retour à la normale: pour le patron de Shell, le blocage du détroit d'Ormuz provoque des perturbations "jamais vues"

Economie · · Par Julie MOREAU

Même si la guerre s'arrêtait,

# Le patron de Shell alerte : le blocage du détroit d'Ormuz provoque des perturbations "jamais vues" et un retour à la normale prendrait plus d'un an La quasi-p

# Le patron de Shell alerte : le blocage du détroit d'Ormuz provoque des perturbations "jamais vues" et un retour à la normale prendrait plus d'un an La quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, conséquence directe du conflit au Moyen-Orient, a retiré du marché plus de 10% de la production mondiale de pétrole, selon le directeur général de Shell, Wael Sawan. Lors d'un sommet de hauts dirigeants d'entreprises organisé à Londres par le Wall Street Journal, le patron du géant britannique a décrit des perturbations du système énergétique mondial "jamais vues auparavant", avec des conséquences particulièrement aiguës en Asie. Même en cas de cessez-le-feu immédiat, il faudrait "près d'un an, voire plus" pour retrouver un point d'équilibre, a-t-il prévenu. ## Un choc énergétique sans précédent depuis 100 jours "Nous en sommes désormais à 100 jours (de blocage) avec plus de 10% de la production mondiale de pétrole retirée du marché (...) et environ 20% de la production de GNL à l'arrêt", a détaillé Wael Sawan. Téhéran orchestre depuis le début du conflit avec les États-Unis et Israël la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, par lequel transitaient en temps normal près de 20 millions de barils par jour. Ce chiffre représente environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, ce qui explique l'ampleur des perturbations observées. Le blocage, qui dure désormais plus de trois mois, a provoqué une onde de choc sur l'ensemble des marchés énergétiques, du brut au gaz naturel liquéfié, en passant par les produits raffinés. ## L'Asie en première ligne du rationnement "Les conséquences ont été particulièrement aiguës en Asie", a poursuivi le patron de Shell. "Nous avons vu des pays comme le Vietnam, l'Indonésie, la Thaïlande recourir massivement au rationnement des carburants, l'Inde également." Plus frappant encore : "Nous avons vu le Pakistan et les Philippines passer à des semaines de quatre jours", a-t-il ajouté, illustrant l'impact direct sur l'activité économique et la vie quotidienne de centaines de millions de personnes. Ces mesures de rationnement, inédites pour certains de ces pays, témoignent de la gravité de la crise énergétique qui frappe la région, dépendante à plus de 80% des importations de pétrole et de GNL en provenance du Golfe. ## Un conflit qui s'enlise et des perspectives incertaines Le contexte géopolitique reste extrêmement tendu. L'Iran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d'Ormuz. Ce nouvel embrasement régional fait suite à la destruction d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran. Ces événements constituent un nouveau revers pour les négociations entre les deux pays, alors que Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d'un "très, très bon accord". Dans ce climat d'incertitude, le retour à la normale du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz semble hypothétique à court terme, ce qui prolongerait les perturbations et le rationnement en Asie. ## Un an de stabilisation, même après la fin des combats Même en cas de fin des combats, la stabilisation du système énergétique mondial prendra du temps, prévient Wael Sawan. "Il faudrait selon nous près d'un an, voire plus, pour retrouver un point d'équilibre." Ce délai s'explique par la complexité logistique du redémarrage : il faut non seulement déminer le détroit, rétablir la navigation, mais aussi reconstituer les stocks, relancer les chaînes d'approvisionnement et réparer les infrastructures endommagées. Pour les économies asiatiques, déjà fragilisées par des mois de rationnement, cette perspective prolonge l'incertitude et laisse entrevoir une reprise économique lente et progressive.