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Médicaments en libre-service : "peu efficaces" voire carrément dangereux, attention à ces produits que vous utilisez pour vous soigner

Une · · Par Claire BERNARD

Médicaments en libre-service :

Selon une enquête menée par les experts du magazine 60 Millions de consommateurs, quatre-vingt-dix médicaments disponibles en libre-service ont été passés au cr

Selon une enquête menée par les experts du magazine *60 Millions de consommateurs*, quatre-vingt-dix médicaments disponibles en libre-service ont été passés au crible afin de déterminer leur efficacité réelle et leur innocuité pour les patients. Les conclusions, rapportées par *Midi Libre*, dressent un tableau contrasté de ces produits que des millions de Français achètent sans ordonnance, en toute autonomie, dans les pharmacies et parapharmacies. ## Une analyse systématique de quatre-vingt-dix références L'objectif affiché par les experts de *60 Millions de consommateurs* était double : évaluer si ces médicaments en accès direct apportent un bénéfice thérapeutique tangible, ou, à défaut, s'ils présentent des risques pour la santé des usagers. Selon les informations relayées par *Midi Libre*, cette revue de détail a conduit à identifier plusieurs catégories de produits, dont certains seraient jugés « peu efficaces », tandis que d'autres pourraient s'avérer « carrément dangereux » dans certaines conditions d'utilisation. Cette démarche s'inscrit dans un contexte où l'automédication connaît une progression constante en France. En effet, la vente de médicaments sans ordonnance représente un marché considérable, porté par la volonté des autorités sanitaires de désengorger les cabinets médicaux et de responsabiliser les patients. Toutefois, cette liberté d'accès soulève des questions de sécurité, notamment lorsque les usagers ne disposent pas des connaissances pharmacologiques nécessaires pour évaluer les contre-indications ou les interactions médicamenteuses. ## Des risques variables selon les produits et les usages D'après les éléments rapportés, les experts distinguent plusieurs niveaux de préoccupation. Certains médicaments seraient inefficaces au regard de leur indication affichée, ce qui pose la question de leur maintien sur le marché du libre-service. D'autres, en revanche, présenteraient des dangers potentiels, notamment en cas de mésusage, de surdosage ou d'association avec d'autres traitements. Cette analyse rejoint les alertes régulièrement émises par les autorités sanitaires françaises. L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) rappelle de manière récurrente que l'automédication, même pour des pathologies bénignes, n'est pas dénuée de risques. Les médicaments en libre-service ne sont pas des produits anodins : ils contiennent des principes actifs susceptibles d'entraîner des effets indésirables, d'autant plus que les patients ont tendance à minimiser leur toxicité du fait de leur disponibilité sans ordonnance. Par ailleurs, la question de l'efficacité thérapeutique de certains produits vendus en accès direct interroge sur la régulation du marché. Si un médicament ne démontre pas de bénéfice clinique significatif, son maintien en libre-service pourrait être considéré comme problématique, tant sur le plan de la santé publique que sur celui de la confiance des consommateurs. ## Une régulation à repenser ? Cette enquête de *60 Millions de consommateurs* pourrait relancer le débat sur les critères de classification des médicaments en libre-service. En France, le statut de « médicament de médication officinale » est encadré par des règles précises, mais les experts semblent suggérer que certaines références échappent à une évaluation rigoureuse de leur rapport bénéfice-risque. Toutefois, aucune décision de retrait ou de reclassement n'a été annoncée à ce stade. Les autorités sanitaires pourraient être amenées à examiner ces conclusions, d'autant plus que la question de la sécurité des patients demeure une priorité affichée des politiques de santé publique. En attendant d'éventuelles mesures, les professionnels de santé rappellent l'importance de solliciter l'avis d'un pharmacien avant toute automédication, en particulier en cas de traitement en cours ou de pathologie chronique.