Maroc: la menace de fermeture du «marché sénégalais» de Casablanca inquiète ses commerçants subsahariens

À Casablanca, une inquiétude grandissante est palpable parmi les commerçants du « marché sénégalais », un lieu crucial pour la diaspora subsaharienne. Le 4 mai
À Casablanca, une inquiétude grandissante est palpable parmi les commerçants du « marché sénégalais », un lieu crucial pour la diaspora subsaharienne. Le 4 mai 2026, des rumeurs de démolition imminente de ce site emblématique, qui attire quotidiennement des centaines de visiteurs, circulent, laissant les vendeurs dans une incertitude angoissante. Ce marché ne se limite pas à une simple zone commerciale ; il constitue également un véritable foyer de vie communautaire.
La municipalité a récemment annoncé des projets de réaménagement urbanistique, suite à la démolition d'un quartier populaire voisin de l'ancienne médina. Les commerçants craignent que ces initiatives n'entraînent la fermeture de leur marché, compromettant ainsi leur source de revenus. Un vendeur de produits alimentaires a exprimé son désespoir : « Nous avons besoin de ce marché pour vivre, c'est notre seul moyen de subsistance. »
Face à cette menace, des voix s'élèvent pour défendre cet espace vital. La Fédération des Commerçants Subsahariens du Maroc a fait part de ses préoccupations dans un communiqué, soulignant l'importance de ce marché comme point de rencontre pour les communautés africaines. Sa préservation s'avère cruciale pour maintenir les liens culturels et économiques entre les différentes nationalités qui y cohabitent.
L'impact d'une fermeture du marché serait catastrophique. Selon les estimations locales, entre trois cents et quatre cents personnes y travaillent. Ces individus ne se contentent pas de vendre des produits ; ils bâtissent des réseaux et facilitent des échanges culturels essentiels pour leur diaspora. La disparition de ce lieu serait une perte significative pour tous ceux qui y trouvent à la fois des ressources économiques et un cadre de vie communautaire.
L'inquiétude est palpable parmi les commerçants, qui expriment un mélange d'angoisse et de détermination. Des réunions sont organisées régulièrement, et des mobilisations sont prévues dans les jours à venir. Un représentant des commerçants a déclaré avec fermeté : « Nous ne resterons pas silencieux face à cette menace. » Ce cri de ralliement appelle à la solidarité de la communauté.
Le contexte politique joue également un rôle dans cette situation délicate. Les réformes urbanistiques du gouvernement marocain visent à moderniser l'image de Casablanca, mais ces changements semblent souvent se faire au détriment des petits commerçants, dont l'influence sur les décisions politiques est limitée. Ce déséquilibre soulève des interrogations sur l'avenir des petits marchés dans une ville en pleine transformation.
À ce jour, les autorités locales n'ont pas encore fait d'annonce officielle concernant le sort du marché. Cependant, des bruits laissent entendre qu'une révision des projets pourrait être envisagée, à condition que les commerçants s'organisent et se mobilisent efficacement. Une réunion est prévue le 10 mai 2026 entre les commerçants et des représentants de la mairie pour examiner les alternatives possibles.
Alors que la pression monte, les commerçants du marché sénégalais se préparent à défendre leur espace de vie. Ils souhaitent faire entendre leur voix et préserver ce symbole de leur existence dans un contexte où leur avenir semble menacé.