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Maroc: l'archevêque de Rabat se met en retrait après des accusations de violences sexuelles

Monde · · Par Claire BERNARD

Maroc: l'archevêque de Rabat se met en retrait après des accusations de violences sexuelles

Maroc : l’archevêque de Rabat se met en retrait après des accusations de violences sexuelles Au Maroc, l’archevêque de Rabat, Cristobal Lopez Romero, a annoncé

Maroc : l’archevêque de Rabat se met en retrait après des accusations de violences sexuelles

Au Maroc, l’archevêque de Rabat, Cristobal Lopez Romero, a annoncé mardi 13 juin 2023 se mettre en retrait de ses fonctions. Cette décision intervient après que plusieurs femmes ont porté des accusations de violences sexuelles à son encontre. Le Vatican a confirmé l’ouverture d’une enquête canonique, tandis que le prélat espagnol nie fermement avoir commis toute « agression ».

Des accusations multiples et une mise en retrait immédiate

Selon des informations rapportées par RFI, c’est à la suite de témoignages de plusieurs femmes que l’archevêque de Rabat a choisi de se retirer temporairement de ses responsabilités pastorales. Les accusations, dont la nature précise n’a pas été officiellement détaillée, concerneraient des faits de violences sexuelles. Le Vatican, par l’intermédiaire de la nonciature apostolique, a rapidement ouvert une enquête préliminaire, conformément aux procédures en vigueur pour les membres du clergé. Mgr Lopez Romero, âgé de 71 ans, a pour sa part publié un communiqué dans lequel il affirme « n’avoir jamais commis d’agression sexuelle » et se dit « serein » face à ces allégations, tout en acceptant de se mettre en retrait pour ne pas entraver le travail des enquêteurs.

Le contexte d’une Église marocaine sous pression

Cette affaire survient dans un climat de vigilance accrue au sein de l’Église catholique, tant au niveau local qu’international. L’archevêque de Rabat, figure connue pour son engagement social et son travail auprès des migrants, était en poste depuis 2017. Il avait été nommé par le pape François, qui a multiplié les initiatives pour lutter contre les abus sexuels dans l’institution. Au Maroc, la communauté chrétienne, très minoritaire (environ 30 000 fidèles, principalement étrangers), est particulièrement sensible à ces questions. Les autorités ecclésiastiques locales ont exprimé leur « tristesse et leur soutien aux victimes présumées », tout en appelant à respecter la présomption d’innocence. L’enquête canonique, qui pourrait durer plusieurs mois, devra déterminer la véracité des faits.

Implications et suites possibles

La mise en retrait de Mgr Lopez Romero pourrait avoir des répercussions sur la gestion de l’archidiocèse de Rabat, qui couvre une grande partie du territoire marocain. En attendant les conclusions de l’enquête, un administrateur apostolique sera probablement nommé pour assurer l’intérim. Cette affaire s’inscrit également dans une série de scandales similaires ayant éclaté ces dernières années dans l’Église catholique, notamment en Europe et en Amérique latine. Le Vatican, sous la houlette du pape François, a renforcé ses mécanismes de contrôle et de sanction, mais la mise en œuvre de ces réformes reste inégale selon les régions. Au Maroc, où les relations entre l’État et l’Église sont régies par un statut particulier, cette affaire pourrait également attirer l’attention des autorités civiles.

Une procédure canonique en cours

L’enquête ouverte par le Vatican suit une procédure stricte, codifiée dans le motu proprio « Vos estis lux mundi » promulgué en 2019. Ce texte impose aux diocèses de signaler rapidement toute allégation crédible d’abus sexuels et de coopérer avec les enquêteurs. Dans le cas de l’archevêque de Rabat, les témoignages des plaignantes seront recueillis par des enquêteurs désignés par le Saint-Siège. Si les faits sont jugés suffisamment étayés, une procédure disciplinaire pourrait être engagée, pouvant aller jusqu’à la destitution de ses fonctions. Mgr Lopez Romero, qui nie les faits, a promis de collaborer pleinement. L’issue de cette procédure pourrait prendre plusieurs mois, voire années, en fonction de la complexité des éléments à examiner.

Perspectives et réactions

Cette affaire relance le débat sur la gestion des abus sexuels dans l’Église catholique, en particulier dans les pays où la communauté chrétienne est minoritaire et dépendante du soutien des autorités locales. Au Maroc, où la liberté de culte est garantie par la Constitution mais encadrée, l’affaire pourrait avoir des répercussions diplomatiques. Le Vatican, de son côté, devra démontrer sa capacité à traiter ce dossier avec rigueur et transparence, alors que la confiance des fidèles reste entamée par des années de scandales. L’archevêque de Rabat, quant à lui, attendra les conclusions de l’enquête, dans un silence qui pourrait être lourd de conséquences pour l’avenir de l’Église au Maroc.