Marc Ferracci, député EPR et ancien ministre de l'Industrie – 08/06

# Marc Ferracci : l’ancien ministre de l’Industrie livre son analyse économique sur BFM Business Lundi 8 juin, Marc Ferracci, député Ensemble pour la République
# Marc Ferracci : l’ancien ministre de l’Industrie livre son analyse économique sur BFM Business
Lundi 8 juin, Marc Ferracci, député Ensemble pour la République (EPR) et ancien ministre de l’Industrie, était l’invité d’Hedwige Chevrillon dans l’émission *La Grande Interview* sur BFM Business. Ce rendez-vous, diffusé du lundi au vendredi et accessible en podcast, a permis à l’élu de revenir sur les grands enjeux industriels et économiques du moment. Ancien ministre sous la précédente législature, Ferracci a notamment évoqué les défis de la réindustrialisation, la compétitivité française et les tensions sur les marchés de l’énergie, dans un contexte où la souveraineté industrielle reste une priorité affichée du gouvernement.
## Un regard d’ancien ministre sur la politique industrielle
Marc Ferracci, qui a piloté le ministère de l’Industrie jusqu’à la dissolution de l’Assemblée nationale, a livré une analyse nourrie par son expérience récente. Selon lui, la France se trouve à un carrefour stratégique : si des progrès significatifs ont été accomplis en matière d’attractivité et de relocalisation, la trajectoire reste fragile. L’ancien ministre a insisté sur la nécessité de maintenir un cap clair, notamment en matière de décarbonation de l’industrie et de soutien aux filières d’avenir comme l’hydrogène, les batteries électriques ou la semi-conducteur. Il a également souligné que les dispositifs de soutien public, comme France 2030, doivent être pérennisés pour éviter un décrochage face à la concurrence américaine et chinoise. Sans citer de chiffres précis, Ferracci a estimé que l’effort d’investissement doit rester massif, car les retards accumulés dans certains secteurs ne se rattrapent pas en un mandat.
## Énergie et fiscalité : des sujets brûlants
L’entretien a également abordé la question de la fiscalité de l’électricité, un thème récurrent dans le débat public. L’ancien ministre a reconnu que la structure des prix de l’énergie en France, marquée par des taxes et des contributions, pèse sur la compétitivité des entreprises industrielles. Il a plaidé pour une réforme cohérente, qui ne pénalise pas les secteurs gros consommateurs d’électricité, tout en préservant les finances publiques. Ferracci a rappelé que la France bénéficie d’un avantage comparatif grâce à son parc nucléaire, mais que cet atout ne doit pas être dilué par une fiscalité mal calibrée. Il a également évoqué la nécessité de simplifier les règles européennes en matière d’aides d’État, afin de permettre aux industriels français de rivaliser avec leurs homologues allemands ou italiens. Sur ce point, il a estimé que Bruxelles doit faire preuve de plus de pragmatisme, sans toutefois entrer dans le détail des mécanismes envisagés.
## Un contexte politique tendu à l’Assemblée
Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale et la recomposition politique, Marc Ferracci siège désormais comme député EPR. Son passage dans l’opposition relative n’a pas altéré sa conviction : la politique industrielle doit rester un axe bipartisan. Il a déploré les blocages parlementaires qui ralentissent l’adoption de textes clés, comme la loi sur l’industrie verte ou celle sur la souveraineté énergétique. Selon lui, le temps perdu au Palais-Bourbon a un coût direct pour les entreprises, qui ont besoin de visibilité réglementaire pour investir. L’ancien ministre a également appelé à un dialogue renforcé avec les partenaires sociaux, évoquant la nécessité de former davantage de techniciens et d’ingénieurs pour répondre aux besoins des usines du futur. Il a salué le travail des syndicats dans la négociation des transitions professionnelles, tout en jugeant que les dispositifs d’accompagnement restent insuffisants.
## Perspectives et enjeux pour l’industrie française
En conclusion de son intervention, Marc Ferracci a tracé une feuille de route en trois points : accélérer les investissements dans les technologies propres, stabiliser le cadre fiscal et réglementaire, et renforcer la coopération européenne sur les matières premières critiques. Il a estimé que la France dispose d’atouts indéniables – main-d’œuvre qualifiée, énergie décarbonée, tissu de PME innovantes – mais que ces atouts ne suffiront pas sans une volonté politique constante. L’ancien ministre a également insisté sur la nécessité de mieux communiquer sur les réussites industrielles françaises, afin de redonner confiance aux investisseurs et aux citoyens. Alors que le gouvernement prépare le prochain budget, les propos de Ferracci résonnent comme un appel à ne pas relâcher l’effort, sous peine de voir la réindustrialisation rester un vœu pieux plutôt qu’une réalité tangible.