Mali: l'opposant Ismaël Sacko dénonce la «stratégie de terreur» des autorités de transition

# Mali : l'opposant Ismaël Sacko dénonce la « stratégie de terreur » des autorités de transition Depuis près d'un mois et demi, une série d'enlèvements ciblés d
# Mali : l'opposant Ismaël Sacko dénonce la « stratégie de terreur » des autorités de transition
Depuis près d'un mois et demi, une série d'enlèvements ciblés d'opposants politiques secoue le Mali, plongeant la scène politique dans une atmosphère de tension croissante. Selon des informations rapportées par RFI, Ismaël Sacko, opposant en exil et président du Parti pour la solidarité et la démocratie en Afrique (PSDA) — aujourd'hui dissous comme l'ensemble des formations politiques maliennes —, a dénoncé ce qu'il qualifie de « stratégie de terreur » menée par les autorités de transition.
## Une vague d'enlèvements sans précédent
Dans la nuit du 2 au 3 mai, Mountaga Tall, avocat engagé pour la démocratie, a été enlevé à son domicile par des hommes armés encagoulés, dans des conditions qui évoquent les pratiques des services de renseignement. Le lendemain, le 3 mai, Moussa « Abba » Djiré, président de l'association « Yiriwa 223 », a subi le même sort. Le 4 mai, c'était au tour de Youssouf Daba Diawara, proche de l'imam Mahmoud Dicko, figure de l'opposition en exil, d'être emmené de force par des individus non identifiés.
D'autres personnalités politiques, militaires et religieuses auraient également été enlevées dans des circonstances similaires par les services maliens. Tous seraient détenus dans des lieux tenus secrets, en dehors de toute procédure légale, sans possibilité de contact avec leurs familles ou leurs avocats. Cette méthode, qui rappelle les pratiques des régimes autoritaires, suscite une vive inquiétude au sein de la société civile et de la communauté internationale.
## Une dénonciation depuis l'exil
Ismaël Sacko, membre de la Coalition des forces pour la République (CFR) portée par l'imam Dicko, s'est exprimé depuis son exil hors du Mali pour dénoncer ces agissements. Selon lui, ces enlèvements ne seraient pas des actes isolés mais s'inscriraient dans une stratégie délibérée des autorités de transition visant à réduire au silence toute voix dissidente. « Il s'agit d'une stratégie de terreur », a-t-il déclaré, estimant que le régime en place cherche à instaurer un climat de peur pour empêcher toute contestation organisée.
L'opposant a également souligné que la dissolution de tous les partis politiques, décidée par les autorités de transition, avait privé les Maliens de tout cadre légal d'expression politique. Dans ce contexte, les enlèvements ciblés constitueraient un moyen supplémentaire de verrouiller l'espace public et d'éliminer toute opposition potentielle.
## Un contexte politique déjà tendu
Le Mali traverse depuis 2020 une période de transition politique marquée par une succession de coups d'État et une instabilité sécuritaire chronique. Les autorités de transition, dirigées par le colonel Assimi Goïta, ont justifié la dissolution des partis politiques par la nécessité de « moraliser la vie publique » et de lutter contre la corruption. Cependant, les critiques y voient une manœuvre pour consolider un pouvoir autoritaire.
La communauté internationale, notamment la CEDEAO et l'Union africaine, a multiplié les appels au respect des droits de l'homme et à la libération des personnes détenues arbitrairement. Pour l'heure, les autorités maliennes n'ont pas officiellement commenté ces enlèvements, laissant planer le doute sur leur implication directe.
## Des implications régionales à surveiller
Cette escalade répressive pourrait avoir des conséquences au-delà des frontières maliennes. La région sahélienne, déjà fragilisée par la présence de groupes jihadistes et par une instabilité politique chronique, pourrait voir émerger de nouvelles tensions si les opposants continuent d'être ciblés. Ismaël Sacko a d'ailleurs appelé les organisations internationales à intervenir pour faire cesser ce qu'il décrit comme une « dérive autoritaire ».
Reste à savoir si la pression diplomatique parviendra à infléchir la position des autorités de transition, ou si ces enlèvements marquent le début d'une répression plus large contre toute forme d'opposition organisée au Mali.