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Malgré le scepticisme du secteur, Airbus accélère sur les moteurs à hydrogène en s'alliant avec le groupe allemand MTU

Economie · · Par Julie MOREAU

Malgré le scepticisme du secteur, Airbus accélère sur les moteurs à hydrogène en s'alliant avec le groupe allemand MTU

# Airbus défie le scepticisme général et accélère sur l'hydrogène avec MTU L'avionneur européen Airbus a annoncé mardi la création d'une coentreprise avec le mo

# Airbus défie le scepticisme général et accélère sur l'hydrogène avec MTU L'avionneur européen Airbus a annoncé mardi la création d'une coentreprise avec le motoriste allemand MTU Aero Engines pour développer des moteurs à hydrogène électriques, une initiative qui tranche avec les doutes profonds exprimés par plusieurs acteurs majeurs du secteur. Cette alliance stratégique vise à concevoir le premier système de propulsion muni de piles à combustible à l'hydrogène destiné à un appareil commercial, selon un communiqué commun des deux groupes. L'activité de cette nouvelle entité doit débuter en 2027. ## Une coentreprise pour devenir "fer de lance" technologique Les deux partenaires affichent une ambition claire : "créer le fer de lance en matière de technologie dans ce domaine", ont-ils indiqué dans leur communiqué. En mutualisant leurs compétences et leurs expertises respectives, Airbus et MTU entendent "établir une locomotive européenne capable de transformer une recherche avancée en systèmes de propulsion électriques industrialisés, prêts à être certifiés", s'est félicité Bruno Fichefeux, directeur des programmes futurs d'Airbus, cité dans le texte officiel. Cette décision intervient dans un contexte où les obstacles techniques et économiques restent considérables. Les deux sociétés n'ont d'ailleurs pas communiqué de date précise pour la mise sur le marché de cette technologie. La coentreprise devra relever le défi de l'industrialisation et de la certification, deux étapes cruciales pour espérer un jour équiper des avions commerciaux. ## Un calendrier qui divise profondément le secteur Le scepticisme est en effet largement partagé au sein de l'industrie aéronautique. Le directeur général d'Airbus lui-même, Guillaume Faury, estimait en février que cette technologie "va prendre son envol dans la deuxième partie de ce siècle", soit au-delà de 2050. Un horizon déjà lointain, mais qui semble optimiste comparé à la vision d'Olivier Andriès, directeur général du motoriste français Safran. Ce dernier affirmait en janvier que l'avion à hydrogène serait plutôt "pour le XXIIe siècle", repoussant la perspective à plus de cent ans. Ces déclarations contrastent avec les espoirs initiaux du secteur, qui visaient une entrée en service des premiers appareils à hydrogène dès 2035. Le fossé entre les ambitions affichées et les réalités techniques semble donc se creuser, même si Airbus persiste à investir massivement dans cette voie. ## Des défis technologiques et économiques majeurs La technologie des piles à combustible à hydrogène, bien que prometteuse sur le principe pour éliminer les émissions de gaz à effet de serre de l'aviation, se heurte à de multiples obstacles. Le stockage de l'hydrogène à bord des appareils, sa production à grande échelle avec une empreinte carbone réduite, ainsi que la mise en place d'une infrastructure de distribution mondiale constituent autant de défis colossaux. L'alliance avec MTU, motoriste allemand reconnu, permet à Airbus de mutualiser les risques et les coûts de recherche et développement. La coentreprise devra également convaincre les autorités de certification de la fiabilité et de la sécurité de cette technologie radicalement nouvelle. L'horizon 2027 pour le début de l'activité laisse entrevoir plusieurs années de travail avant d'atteindre un prototype fonctionnel. ## Une stratégie industrielle à contre-courant En choisissant d'accélérer malgré le scepticisme ambiant, Airbus prend un pari industriel risqué mais potentiellement très rémunérateur. Si la technologie aboutit, l'avionneur européen pourrait s'imposer comme le leader incontesté de la propulsion hydrogène, un avantage concurrentiel décisif dans un secteur appelé à se décarboner. La prudence reste toutefois de mise : les déclarations des dirigeants d'Airbus et de Safran montrent que même les plus optimistes n'envisagent pas de déploiement commercial avant plusieurs décennies. La création de cette coentreprise avec MTU constitue néanmoins un signal fort envoyé à l'ensemble de la filière aéronautique, confirmant que l'hydrogène reste, malgré tout, une piste sérieuse pour l'aviation de demain.