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Maïs, pommes de terre, betteraves: comme en France, les agriculteurs allemands craignent aussi des récoltes faibles voire "totalement perdues" à cause de la sécheresse et de la canicule

Economie · · Par Julie MOREAU

Maïs, pommes de terre, betteraves: comme en France, les agriculteurs allemands craignent aussi des récoltes faibles voire

Les agriculteurs allemands tirent la sonnette d'alarme. Alors que la France fait face à des épisodes de sécheresse et de canicule, l'Allemagne pourrait connaîtr

Les agriculteurs allemands tirent la sonnette d'alarme. Alors que la France fait face à des épisodes de sécheresse et de canicule, l'Allemagne pourrait connaître des pertes de récoltes significatives, voire totales, dans certaines régions du sud. L'Union des agriculteurs allemands (DBV) a officiellement alerté vendredi sur l'état critique des cultures, notamment céréalières, mettant en péril l'ensemble de la filière agricole et l'approvisionnement en fourrage pour le bétail. ## Des pertes de rendement "très probables" dans le sud du pays Joachim Rukwied, président de l'Union des agriculteurs allemands (DBV), a dressé un constat sans appel dans un entretien publié vendredi par des médias du Redaktionsnetzwerk. "La sécheresse persistante et les vagues de chaleur répétées pèsent lourdement sur l'agriculture", a-t-il déclaré. Selon lui, ces conditions climatiques extrêmes entraînent non seulement une récolte céréalière inférieure à la moyenne, mais aussi des problèmes croissants pour les cultures d'automne. "Dans les régions où aucune précipitation n'est tombée pendant des semaines, des pertes de rendement, voire des récoltes totalement perdues, sont très probables", a-t-il poursuivi, citant explicitement les récoltes de blé et de colza comme particulièrement touchées. ## Pommes de terre, betteraves et maïs menacés Au-delà des céréales, le président de la DBV a élargi son avertissement aux cultures d'automne. "Nous devons nous attendre ici aussi à des pertes de rendement considérables", a-t-il indiqué, donnant l'exemple des pommes de terre, des légumes, des betteraves sucrières, du maïs grain et du soja. Cette situation touche particulièrement les Länder du sud, comme le Bade-Wurtemberg et la Bavière, où les conditions météorologiques sont les plus extrêmes. Les agriculteurs de ces régions, confrontés à des semaines sans précipitations, voient leurs espoirs de récolte s'amenuiser jour après jour. ## Les éleveurs face à "d'énormes défis" La crise ne se limite pas aux cultures de plein champ. Joachim Rukwied a également pointé du doigt la situation dramatique des éleveurs. "Dans les régions particulièrement touchées, comme le Bade-Wurtemberg et la Bavière, l'herbe ne repousse plus sur les prairies après les premières coupes", a-t-il expliqué. Cette absence de repousse compromet directement l'alimentation actuelle des animaux et la constitution de réserves suffisantes de fourrage pour l'hiver. "Pour les éleveurs, cela représente d'énormes défis", a-t-il insisté, soulignant que la question de l'approvisionnement en fourrage devient un enjeu critique pour la pérennité des exploitations. ## Une agriculture déjà marquée par le changement climatique Le président de la DBV a rappelé que ces phénomènes ne sont pas nouveaux pour les agriculteurs. "Nous, agriculteurs, ressentons les effets du changement climatique depuis longtemps déjà", a-t-il affirmé, notant que les périodes de végétation se sont déplacées et que les épisodes de sécheresse sont de plus en plus fréquents et intenses. Cette déclaration intervient alors que la France connaît des difficultés similaires, illustrant un phénomène climatique qui touche l'ensemble du continent européen et qui interroge sur l'avenir de la production agricole face à des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles. Les annonces de la DBV pourraient avoir des répercussions sur les prix des denrées alimentaires en Europe, alors que les marchés agricoles restent déjà sous tension. La question de la résilience des exploitations face à ces aléas climatiques répétés est désormais au cœur des préoccupations des professionnels du secteur, qui appellent à des mesures d'adaptation et de soutien face à ces pertes potentielles.