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«Ma vie était entre leurs mains» : les contrats de GPA et leurs dérives liberticides pour les mères porteuses

Une · · Par Claire BERNARD

«Ma vie était entre leurs mains» : les contrats de GPA et leurs dérives liberticides pour les mères porteuses

# «Ma vie était entre leurs mains» : les contrats de GPA et leurs dérives liberticides pour les mères porteuses Les couples français qui ont recours à des mères

# «Ma vie était entre leurs mains» : les contrats de GPA et leurs dérives liberticides pour les mères porteuses Les couples français qui ont recours à des mères porteuses à l'étranger dépensent en moyenne entre 80.000 et 200.000 euros. Une enquête du Figaro, publiée le 13 mars 2026, révèle les clauses souvent abusives contenues dans les contrats de gestation pour autrui (GPA), consultés dans plusieurs pays où cette pratique est autorisée. ## Des contrats aux clauses liberticides Selon les informations rapportées par Le Figaro, une dizaine de contrats et documents relatifs à la maternité de substitution ont été examinés par la rédaction. Ces documents proviennent du Canada, des États-Unis, de l'Ukraine, de l'Inde, du Cambodge et du Mexique. L'enquête, signée par Sidonie Rahola-Boyer, met en lumière des clauses qui pourraient restreindre considérablement les droits des mères porteuses. Parmi les dispositions relevées, certaines contraindraient les femmes à des restrictions sévères durant leur grossesse, incluant des limitations alimentaires, des interdictions de voyager ou encore des obligations médicales strictes. D'autres clauses porteraient sur le contrôle du mode de vie, avec des exigences concernant l'arrêt du travail, les relations sexuelles ou encore la consommation de substances même légales. Ces stipulations, bien que motivées par la protection de l'embryon, pourraient être perçues comme une atteinte à l'autonomie des femmes concernées. ## Le témoignage d'une mère porteuse américaine Le Figaro rapporte le témoignage de Christian, une mère au foyer américaine de 41 ans, qui a accepté de porter l'embryon de parents d'intention. Ayant déjà trois enfants avec son époux, elle évoque avec émotion son «quatrième fils», Nathan, dont elle a été la mère porteuse. «Mon objectif était d'aider une mère à se sentir à nouveau entière», confie-t-elle. Séduite par les opérations de communication pro-GPA et animée par la tristesse face à des proches stériles, Christian a rejoint une agence en 2018. Son objectif initial était simple : aider des couples hétérosexuels qui ne pouvaient médicalement pas avoir d'enfants à devenir parents. Grâce à un système semblable à celui d'une application de rencontre, l'agence l'a associée à un couple dont le profil correspondait, sur le papier, à ses attentes. Pourtant, la réalité du contrat s'est avérée bien différente de ses espérances. ## Des pratiques contestées sur le plan éthique L'enquête du Figaro soulève des questions éthiques majeures concernant l'équilibre des droits entre les parents d'intention et les mères porteuses. Les clauses contractuelles examinées pourraient, selon les termes employés par certaines femmes interrogées, placer ces dernières dans une situation de vulnérabilité extrême. «Ma vie était entre leurs mains», aurait déclaré l'une d'elles, illustrant le sentiment de perte de contrôle sur leur propre corps. Les montants évoqués, compris entre 80.000 et 200.000 euros par couple, interrogent également sur la dimension potentiellement mercantile de ces pratiques. Si la GPA reste interdite en France, de nombreux couples français se tournent vers des pays où la législation est plus permissive, créant un marché transfrontalier dont les ramifications juridiques et éthiques demeurent complexes. ## Un encadrement juridique encore lacunaire Les disparités législatives entre les pays pourraient expliquer en partie ces dérives contractuelles. Au Canada, certains contrats sont encadrés par des lois provinciales, tandis qu'aux États-Unis, les réglementations varient considérablement d'un État à l'autre. En Ukraine, au Cambodge ou au Mexique, le cadre juridique pourrait être moins protecteur pour les mères porteuses. L'enquête du Figaro met en évidence la nécessité d'une réflexion approfondie sur l'encadrement de ces pratiques, alors que le nombre de couples français recourant à la GPA à l'étranger ne cesse d'augmenter. La question de la protection des mères porteuses, au-delà des considérations médicales, pourrait devenir un enjeu central des débats à venir sur la bioéthique et les droits des femmes.