Onyx Infos

Lutte contre les inégalités salariales et pour une "riposte internationaliste: les "no-G7" manifestent à Genève avant le sommet d'Evian

Economie · · Par Julie MOREAU

Lutte contre les inégalités salariales et pour une

Genève sous haute tension : des milliers de manifestants anti-G7 attendus avant le sommet d'Évian À la veille de l'ouverture du sommet du G7 à Évian, plusieurs

Genève sous haute tension : des milliers de manifestants anti-G7 attendus avant le sommet d'Évian

À la veille de l'ouverture du sommet du G7 à Évian, plusieurs milliers de personnes sont attendues ce dimanche 14 juin à Genève pour une manifestation d'envergure. Organisée par la coalition « No-G7 », cette mobilisation entend dénoncer les inégalités salariales, les violences sexistes, ainsi que ce que les organisateurs qualifient de « fascisme et d'impérialisme ». Le choix de la date n'est pas anodin : le 14 juin correspond en Suisse à la grève féministe annuelle, journée de lutte contre les discriminations économiques et les violences faites aux femmes. Sous étroite surveillance des forces de l'ordre, ce rassemblement ravive le souvenir des violences qui avaient marqué le G8 de 2003, il y a plus de vingt ans.

Une coalition hétéroclite pour une « riposte internationaliste »

La coalition « No-G7 » regroupe associations, syndicats et partis de gauche, unis par un mot d'ordre commun : la « riposte internationaliste » face aux politiques promues par les dirigeants des sept plus grandes puissances industrialisées. Selon les informations rapportées par BFM Business, les manifestants entendent également dénoncer « le fascisme et l'impérialisme », des termes qui reflètent une radicalité revendiquée par une partie des organisateurs. Le sommet, qui se tient de lundi à mercredi, réunit traditionnellement les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et la France, pays hôte cette année, ainsi que l'Union européenne. La présence de Donald Trump, qui a plusieurs fois plaidé pour réintégrer la Russie au sein du G8, ajoute une dimension politique sensible à cet événement.

Un dispositif de sécurité renforcé côté suisse

Les autorités suisses, qui ont autorisé la marche à Genève, engagent un important dispositif de forces de l'ordre pour encadrer le cortège. La ville, située à quelques kilomètres d'Évian, est un point de convergence traditionnel pour les contestations des sommets du G7 ou du G8. Le souvenir des émeutes de 2003, lors du G8 d'Évian, reste vif : des affrontements violents entre manifestants et policiers avaient alors émaillé le sommet. Cette année, les commerces genevois se préparent, comme en témoigne un magasin barricadé de panneaux de bois couverts de graffitis, afin de protéger sa façade des débordements potentiels. La préfecture de Haute-Savoie et les autorités suisses coordonnent leurs efforts pour éviter tout incident majeur.

Un sommet sous le signe des déséquilibres économiques

Le président français Emmanuel Macron, qui a convié à certaines séquences les dirigeants du Brésil, de la Corée du Sud, de l'Inde et du Kenya, entend éviter que ce forum ne soit perçu comme trop antagoniste aux pays émergents. L'Élysée affirme vouloir s'attaquer aux déséquilibres économiques mondiaux, un thème qui résonne avec les revendications des manifestants. Après avoir rencontré dimanche à Nice le Premier ministre indien Narendra Modi, Emmanuel Macron est attendu dans la soirée à Évian, où le président américain doit arriver lundi. La question de l'inclusion de la Russie, relancée par Donald Trump, reste un point de friction potentiel au sein du groupe.

Un enjeu de légitimité pour le G7

Au-delà des mesures de sécurité, cette manifestation pose la question de la légitimité du G7 face aux critiques récurrentes sur son rôle dans la perpétuation des inégalités mondiales. Les organisateurs du « No-G7 » entendent rappeler que les politiques économiques promues par ces puissances industrialisées contribueraient, selon eux, à creuser les écarts de richesse et à fragiliser les droits des travailleurs. La convergence avec la grève féministe du 14 juin ajoute une dimension sociale et genrée à une contestation qui se veut globale. Alors que les dirigeants s'apprêtent à débattre de sujets comme la fiscalité internationale ou la transition écologique, la rue genevoise pourrait rappeler que les attentes citoyennes dépassent largement le cadre des discussions diplomatiques.