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« Lorsqu’une cible est repérée, tous nos outils peuvent l’attaquer en même temps »  : à Kramatorsk, la nouvelle guerre des drones

Une · · Par Claire BERNARD

« Lorsqu’une cible est repérée, tous nos outils peuvent l’attaquer en même temps »  : à Kramatorsk, la nouvelle guerre des drones

Dans le Donbass, à quelques dizaines de kilomètres de la ligne de front, un bois discret abrite une unité de renseignement radioélectronique ukrainienne. Sur ce

Dans le Donbass, à quelques dizaines de kilomètres de la ligne de front, un bois discret abrite une unité de renseignement radioélectronique ukrainienne. Sur cette colline, le commandant « Robin » installe une antenne en plastique baptisée « Azimut », peinte en vert et ressemblant à un banal relais de téléphonie. Cet équipement, produit par le fabricant ukrainien Kvertus, représente pourtant l’une des armes les plus efficaces de l’armée ukrainienne contre la menace grandissante des drones ennemis. ## Une course technologique permanente Selon un reportage du Figaro publié le 17 août 2026, Ukrainiens et Russes se livrent une course technologique acharnée pour protéger leurs unités des appareils sans pilote. L’antenne Azimut permet de détecter dans un rayon de 35 kilomètres les drones adverses, tandis qu’une autre antenne peut prendre le relais et les faire tomber. Cette bataille invisible oppose des systèmes de guerre électronique de plus en plus sophistiqués, capables de brouiller, détecter ou détourner les appareils ennemis. « La guerre électronique est toujours en retard sur les évolutions : nous mettons au point des contre-mesures face aux technologies ennemies déjà existantes », affirme Robin, qui ne donne que son nom de guerre. Cette déclaration illustre la nature réactive de cette lutte technologique, où chaque avancée d’un camp entraîne rapidement une parade de l’autre. Sur le front ukrainien, la guerre électronique est devenue aussi omniprésente que les drones eux-mêmes, brouillant et désorientant aussi bien les appareils sans pilote que l’artillerie conventionnelle. ## Des capacités d’attaque coordonnées Le commandant Robin décrit un système particulièrement redoutable : « Lorsqu’une cible est repérée, tous nos outils peuvent l’attaquer en même temps ». Cette capacité de coordination permettrait aux unités ukrainiennes de concentrer simultanément plusieurs moyens de neutralisation sur un même objectif. Selon plusieurs experts cités dans le reportage, la plupart des drones seraient détruits par le brouillage électronique, une méthode qui présente l’avantage de ne pas consommer de munitions coûteuses. Cette approche intégrée de la guerre électronique s’inscrit dans une stratégie plus large de défense des positions ukrainiennes face à l’intensification des frappes de drones russes. Les systèmes portables comme l’Azimut offrent une flexibilité précieuse aux unités déployées près du front, leur permettant de s’adapter rapidement aux menaces changeantes sans dépendre d’infrastructures fixes vulnérables. ## Des implications stratégiques majeures L’efficacité de ces systèmes de guerre électronique pourrait avoir des conséquences significatives sur l’équilibre des forces dans la région. En neutralisant les drones ennemis avant qu’ils n’atteignent leurs cibles, ces technologies réduisent la capacité de frappe de précision adverse tout en protégeant les soldats ukrainiens. Cependant, la course technologique reste ouverte, chaque camp développant continuellement de nouvelles contre-mesures. Le reportage du Figaro souligne également que cette guerre électronique ne se limite pas aux drones : elle affecte l’ensemble des communications et des systèmes de guidage sur le champ de bataille. Les unités doivent constamment adapter leurs protocoles pour éviter d’être localisées ou brouillées par l’ennemi, ajoutant une dimension supplémentaire de complexité aux opérations militaires dans le Donbass.