"Londres est prêt, Madrid aussi" mais pas encore Paris: Robotaxis, l'Europe, très en retard, commence à s'ouvrir

Introduction (2-3 phrases) Alors que les flottes de robotaxis explosent aux États-Unis et en Chine, avec 8.000 véhicules en circulation dans plus d’une vingtain
Introduction (2-3 phrases) Alors que les flottes de robotaxis explosent aux États-Unis et en Chine, avec 8.000 véhicules en circulation dans plus d’une vingtaine de grandes villes, l’Europe accuse un retard de sept ans, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Pourtant, le Vieux Continent commence timidement à s’ouvrir : des expérimentations doivent fleurir dans plusieurs capitales comme Londres, Madrid ou Zagreb, tandis que Paris reste pour l’instant en retrait. Ce lundi, les ministres européens des Transports devraient adopter un cadre d’expérimentation simplifié, marquant une étape clé pour rattraper le décrochage dénoncé par le Haut-Commissaire français au Plan, Clément Beaune.
Un retard structurel et réglementaire
L’Europe, longtemps frileuse face aux véhicules autonomes, paie un lourd tribut à sa complexité réglementaire. Actuellement, chaque pays impose ses propres homologations, ce qui freine le déploiement des robotaxis. Clément Beaune, Haut-Commissaire français au Plan, avait récemment dénoncé un "décrochage" de l’Union européenne, pointant du doigt une absence de coordination. En Chine et aux États-Unis, les flottes privées de voitures sans chauffeur, bardées de capteurs, ont plus que doublé en 2025 pour atteindre 8.000 véhicules, selon l’AIE. En Europe, un "conducteur de sécurité" doit encore être à bord, les mains sur les genoux, comme lors des débuts outre-Atlantique et en Asie. Cette contrainte, bien que temporaire, illustre la prudence des régulateurs européens face à une technologie encore jugée risquée.
L’UE accélère avec un "testbed" unifié
Pour sortir de l’impasse, l’Union européenne va adopter lundi un "testbed", c’est-à-dire un cadre d’expérimentation simplifié. Selon Anne-Marie Idrac, Haute Responsable pour la stratégie de développement des véhicules autonomes, interrogée par l’AFP, cette décision permettra aux entreprises de ne plus être homologuées pays par pays, accélérant ainsi les tests transfrontaliers. Les ministres européens des Transports doivent valider ce dispositif, qui vise à harmoniser les règles tout en maintenant un niveau de sécurité élevé. Concrètement, les sociétés comme Waymo (filiale d’Alphabet, maison mère de Google), Wayve ou encore Pony.ai pourront déployer leurs véhicules dans plusieurs villes sans multiplier les démarches administratives. Ce "testbed" est présenté comme un levier pour rattraper le retard accumulé, mais les premiers résultats ne sont pas attendus avant plusieurs mois.
Des tests concrets à Londres, Madrid et Zagreb
Les initiatives se multiplient déjà hors de France. À Zagreb, en Croatie, le premier essai européen a démarré le 8 avril : l’entreprise chinoise Pony.ai, alliée au groupe américain Uber, et la start-up croate Verne, épaulée par le constructeur Rimac, font rouler une dizaine de robotaxis. À Londres, trois groupes vont lancer des tests cette année : le leader américain Waymo, son concurrent Wayve avec Uber, et une autre entreprise non précisée. Madrid est également citée comme prête à accueillir des expérimentations, tandis que Munich figure sur la liste des villes candidates. En revanche, Paris reste à l’écart : aucun test n’est prévu en France, toujours réticente face à cette technologie. Ce contraste souligne les divergences politiques et culturelles au sein de l’UE, où certains États membres avancent plus vite que d’autres.
Paris, le grand absent du mouvement
La France, pourtant pionnière dans les transports publics avec le TGV ou les métros automatiques, semble hésiter sur les robotaxis. Clément Beaune avait dénoncé ce "décrochage", mais aucune expérimentation concrète n’est annoncée dans l’Hexagone. Les raisons sont multiples : une réglementation nationale encore stricte, une opinion publique méfiante, et un lobbying moins intense qu’outre-Atlantique. Pendant ce temps, Londres, Madrid et Zagreb avancent, attirant des géants comme Waymo et Uber. Selon l’AIE, le retard européen est estimé à sept ans, mais le nouveau cadre "testbed" pourrait réduire cet écart. La question reste entière : Paris saura-t-il surmonter ses réticences avant que l’Europe ne soit définitivement distancée par la Chine et les États-Unis ?
Conclusion (2-3 phrases) L’Europe, avec sept ans de retard, amorce un virage prudent mais nécessaire vers les robotaxis, portée par des initiatives à Londres, Madrid et Zagreb. Le cadre d’expérimentation unifié adopté lundi par les ministres européens des Transports pourrait accélérer le mouvement, mais la France, toujours réticente, risque de rester en marge. Sans une volonté politique forte, Paris pourrait bien voir les autres capitales européennes lui filer entre les doigts dans cette course technologique mondiale.