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Libération de millions de barils de pétrole brut et de gazole par le G7 : quels effets attendre sur les prix des carburants ?

Une · · Par Claire BERNARD

Libération de millions de barils de pétrole brut et de gazole par le G7 : quels effets attendre sur les prix des carburants ?

Le G7 libère jusqu'à 100 millions de barils : un effet limité sur les prix à la pompe ? Alors que les prix des carburants atteignent des niveaux records en Fran

Le G7 libère jusqu'à 100 millions de barils : un effet limité sur les prix à la pompe ?

Alors que les prix des carburants atteignent des niveaux records en France, Emmanuel Macron a annoncé vendredi que les pays du G7 avaient accepté de libérer une partie de leur stock stratégique de pétrole. Selon des informations rapportées par Le Figaro le 3 octobre 2026, cette décision porterait sur « jusqu'à 100 millions de barils de pétrole brut et de gazole ». Une annonce qui soulève autant d'attentes que d'interrogations quant à son impact réel sur les prix à la pompe.

Une mesure qui vise directement le gazole

D'après l'analyse livrée au Figaro par Patrice Geoffron, professeur d'économie à l'université Paris-Dauphine et directeur du Centre de Géopolitique de l'Énergie et des Matières Premières (CGEMP), la nature même des produits libérés constitue une différence notable par rapport aux précédentes interventions. « En mars, on a surtout mis du brut sur le marché. Or aujourd'hui le problème n'est pas le brut, c'est le raffinage », explique-t-il.

L'économiste pointe notamment les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, les arrêts de production au Moyen-Orient ainsi que la stratégie chinoise consistant à conserver ses carburants pour son marché intérieur. Dans ce contexte, libérer directement du gazole pourrait sembler viser plus précisément le goulot d'étranglement qui pèse sur les prix européens.

Un précédent qui invite à la prudence

La comparaison avec les interventions antérieures nourrit toutefois le scepticisme. En mai dernier, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait déjà procédé à la libération de 426 millions de barils, un volume plus de quatre fois supérieur à celui annoncé par le G7. Ce précédent pourrait relativiser la portée de la nouvelle mesure, d'autant plus que Patrice Geoffron se déclare lui-même « dubitatif sur la portée » de l'opération.

Cette réserve s'explique également par la structure même du marché des carburants, où les effets d'une libération de stocks stratégiques se diffusent rarement de manière immédiate et uniforme. Les délais d'acheminement, les capacités de raffinage disponibles et les tensions géopolitiques persistantes pourraient en effet absorber une partie du signal envoyé par les pays du G7.

Des effets à géométrie variable selon les marchés

Si la décision a été présentée comme coordonnée au niveau du G7, ses conséquences pourraient varier sensiblement entre l'Europe et les États-Unis. Les deux zones ne présentent en effet ni la même dépendance aux importations de produits raffinés, ni les mêmes capacités industrielles internes pour transformer le brut libéré.

En Europe, où les prix des carburants atteignent des sommets, l'attention se portera particulièrement sur l'évolution du gazole, dont la pénurie relative constitue le principal facteur de tension identifié par les experts. Aux États-Unis, la structure du marché et la fiscalité sur les carburants pourraient moduler différemment l'impact de cette libération.

Une réponse conjoncturelle à une crise structurelle

Au-delà de l'annonce, la question de fond reste celle de la capacité des économies avancées à répondre à des chocs d'approvisionnement dont les causes sont multiples. La libération de stocks stratégiques constitue par nature une mesure conjoncturelle, destinée à amortir une flambée ponctuelle plutôt qu'à corriger des déséquilibres durables entre offre et demande de raffinage.

Les prochaines semaines permettront d'évaluer si cette intervention produit l'effet escompté sur les prix à la pompe ou si, comme le suggère l'analyse de Patrice Geoffron, l'ampleur du volume libéré restera insuffisante face à l'ampleur des tensions structurelles qui pèsent sur le marché des carburants.