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Liban : l’armée annonce avoir entamé son déploiement dans les «zones pilotes» du sud du pays

Une · · Par Claire BERNARD

Liban : l’armée annonce avoir entamé son déploiement dans les «zones pilotes» du sud du pays

Liban : l’armée annonce avoir entamé son déploiement dans les «zones pilotes» du sud du pays L'armée libanaise a annoncé mardi avoir entamé son déploiement dans

Liban : l’armée annonce avoir entamé son déploiement dans les «zones pilotes» du sud du pays

L'armée libanaise a annoncé mardi avoir entamé son déploiement dans un village du sud du pays, dont l'armée israélienne contrôlait jusqu'alors les abords. Cette opération s'inscrit dans le cadre d'un accord-cadre signé en juin entre les deux pays, visant à mettre fin à l'état de guerre qui les oppose, et parrainé par Washington.

Un premier test pour l'accord de paix

Selon un communiqué officiel de l'armée libanaise, relayé par Le Figaro avec l'AFP, «les unités militaires ont commencé ce matin à se déployer à Zawtar al-Gharbiya», une localité située dans la région de Nabatiyé. Des médias libanais ont montré des véhicules de l'armée, l'un d'eux arborant le drapeau libanais, pénétrant dans cette localité située à la lisière de la «zone de sécurité» établie par l'armée israélienne. Ce déploiement constituerait le premier test concret de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du territoire libanais.

L'établissement de «zones pilotes» confiées à l'armée libanaise est prévu par l'accord-cadre signé en juin dernier entre le Liban et Israël. Cet accord, parrainé par les États-Unis, prévoit une approche progressive pour normaliser les relations entre les deux pays, après des décennies de tensions et de conflits armés. La mise en œuvre de ces zones pilotes est considérée comme une étape cruciale pour tester la viabilité de l'accord sur le terrain.

Un contexte diplomatique tendu

Cette annonce intervient dans un contexte diplomatique particulièrement chargé. Le président libanais devait en effet rencontrer mardi Donald Trump à la Maison-Blanche, une rencontre qui pourrait avoir des implications significatives pour l'avenir des relations entre les deux pays et pour la mise en œuvre de l'accord de paix. La visite présidentielle libanaise à Washington souligne l'importance du soutien américain dans ce processus de normalisation.

L'armée libanaise, qui a longtemps été perçue comme une institution fragile et divisée, chercherait à travers ce déploiement à affirmer sa souveraineté sur l'ensemble du territoire national. La région de Nabatiyé, où se trouve Zawtar al-Gharbiya, a été le théâtre de nombreux affrontements entre le Hezbollah et les forces israéliennes par le passé. Le contrôle de cette zone par l'armée libanaise pourrait contribuer à stabiliser la région et à prévenir de nouvelles escalades militaires.

Des implications régionales potentielles

Ce déploiement pourrait également avoir des répercussions sur l'équilibre des forces au sein du Liban. Le Hezbollah, qui a longtemps exercé une influence prépondérante dans le sud du pays, pourrait voir son rôle réduit par le déploiement de l'armée régulière. Toutefois, selon des observateurs, le parti chiite aurait donné son accord tacite à cette opération, dans le cadre d'un compromis plus large visant à préserver la stabilité du pays.

L'armée israélienne, de son côté, surveillerait de près ce déploiement. Selon des sources militaires citées par des médias internationaux, Tsahal aurait accepté de se retirer progressivement de certaines zones du sud du Liban, à condition que l'armée libanaise assure effectivement le contrôle du territoire et empêche toute infiltration de groupes armés hostiles à Israël. Le succès de cette première phase de déploiement pourrait déterminer la suite du processus de retrait israélien.

Des défis logistiques et sécuritaires

L'armée libanaise devra faire face à plusieurs défis majeurs dans la mise en œuvre de ce déploiement. Sur le plan logistique, elle devra déployer des effectifs suffisants pour contrôler efficacement la zone, tout en assurant la sécurité de ses soldats. Sur le plan politique, elle devra naviguer entre les attentes contradictoires des différentes factions libanaises et les exigences de l'accord avec Israël.

La population locale, qui a longtemps vécu sous la menace des affrontements entre le Hezbollah et Israël, accueillerait favorablement ce déploiement, selon des témoignages rapportés par des médias libanais. De nombreux habitants espèrent que la présence de l'armée régulière apportera une stabilité durable à la région, après des années de conflits et d'incertitudes.

Une étape vers une normalisation plus large

Ce déploiement dans les «zones pilotes» pourrait ouvrir la voie à une normalisation plus large des relations entre le Liban et Israël. L'accord-cadre signé en juin prévoit en effet des discussions sur des questions plus vastes, notamment la délimitation des frontières maritimes et terrestres, ainsi que des mécanismes de coopération économique et sécuritaire. Le succès de cette première phase serait donc déterminant pour la poursuite du processus de paix.

Alors que les regards sont tournés vers la rencontre entre le président libanais et Donald Trump à Washington, l'avenir de cet accord reste incertain. Les prochains jours devraient permettre de mesurer la portée réelle de ce déploiement et ses implications pour la stabilité de la région.