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Leurs bénéfices ont bondi de 10% en un an: malgré une surtaxe exceptionnelle, les grandes banques françaises ont vu leur rentabilité progresser en 2025 pour atteindre près de 40 milliards d'euros

Economie · · Par Julie MOREAU

Leurs bénéfices ont bondi de 10% en un an: malgré une surtaxe exceptionnelle, les grandes banques françaises ont vu leur rentabilité progresser en 2025 pour atteindre près de 40 milliards d'euros

# Rentabilité record pour les grandes banques françaises en 2025 : 39,8 milliards d’euros de bénéfices cumulés Malgré une conjoncture économique troublée et l’i

# Rentabilité record pour les grandes banques françaises en 2025 : 39,8 milliards d’euros de bénéfices cumulés Malgré une conjoncture économique troublée et l’instauration d’une surtaxe exceptionnelle sur l’impôt sur les sociétés, les six principaux groupes bancaires hexagonaux ont affiché une santé financière insolente en 2025. Leur bénéfice net cumulé a bondi de 10,2 % sur un an pour atteindre 39,8 milliards d’euros, selon les données publiées mardi par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le gendarme du secteur adossé à la Banque de France. BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, Crédit Mutuel, BPCE et la Banque postale ont ainsi déjoué les pronostics les plus pessimistes. ## Des performances portées par la marge d’intérêt et les activités de marché ### Une progression plus rapide que le chiffre d’affaires Le produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d’affaires dans le secteur, a progressé de 5,6 % sur la période, à 167,5 milliards d’euros. La hausse du bénéfice net, deux fois plus rapide, témoigne d’une amélioration significative de l’efficacité opérationnelle. Les banques ont notamment su tirer parti d’une marge d’intérêt plus confortable sur les crédits distribués, dans un contexte de remontée des taux qui a renchéri le coût du refinancement mais aussi, et surtout, les revenus tirés des prêts. Les commissions perçues sur les services bancaires et les produits d’épargne ont également augmenté, de même que les revenus issus des activités de marché. Ce dernier poste, historiquement volatile, a bénéficié d’une forte activité de la part des investisseurs institutionnels, cherchant à se couvrir contre les incertitudes géopolitiques et budgétaires. ## Un environnement macrofinancier pourtant très incertain ### Protectionnisme, tensions géopolitiques et incertitude budgétaire L’ACPR souligne dans son rapport que l’année 2025 s’est déroulée dans un « environnement macrofinancier très incertain, marqué par la montée du protectionnisme, un regain de tensions géopolitiques et une incertitude budgétaire persistante en France ». Ces éléments auraient pu peser lourdement sur l’activité des établissements bancaires, traditionnellement exposés aux cycles économiques. Pourtant, le statut de conglomérat des grandes banques françaises, souvent présenté sous l’étiquette de « banque universelle », a joué un rôle d’amortisseur. La diversification de leurs sources de revenus — assurance, gestion d’actifs, crédit à la consommation, financements spécialisés — leur a permis de compenser les éventuelles faiblesses de certaines branches d’activité par la vigueur d’autres segments. ## Une surtaxe exceptionnelle finalement peu pénalisante ### Un impôt ciblant principalement les établissements mutualistes La surtaxe exceptionnelle sur l’impôt sur les sociétés, votée dans le cadre du budget 2025, visait à faire contribuer les grandes entreprises aux efforts de redressement des finances publiques. Les banques mutualistes — Crédit Agricole, Crédit Mutuel, BPCE — ont été les plus touchées, en raison de leur structure de détention et de leur régime fiscal spécifique. Malgré ce prélèvement supplémentaire, dont le montant exact n’a pas été détaillé par l’ACPR, la rentabilité globale du secteur n’a pas été significativement entamée. Les résultats publiés montrent au contraire une capacité de résilience qui a surpris les analystes, d’autant que les provisions pour créances douteuses n’ont pas augmenté de manière disproportionnée. ## Des perspectives encourageantes pour 2026 ### Les tendances confirmées au premier trimestre L’ACPR indique que les chiffres du premier trimestre 2026 « confirment ces tendances ». Les banques françaises semblent donc parties pour enchaîner une deuxième année consécutive de forte rentabilité, à condition que l’environnement macroéconomique ne se détériore pas brutalement. Dans un exercice de projection réalisé avant le début du conflit au Moyen-Orient, l’Autorité s’attendait à ce que les bénéfices du secteur restent soutenus, portés par la vigueur des activités de marché et la normalisation progressive des marges d’intérêt. Toutefois, l’escalade des tensions géopolitiques observée depuis le début de l’année 2026 pourrait venir assombrir ce tableau, en renchérissant le coût du risque et en freinant la demande de crédit. Les banques françaises devront donc naviguer avec prudence dans les mois à venir, tout en capitalisant sur la dynamique positive héritée de 2025.