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Leurs absences pour rentrée scolaire ou don du sang ne seront plus prises en compte dans le calcul de la prime de fin d'année: les salariés du champagne manifestent pour défendre leur convention collective

Economie · · Par Julie MOREAU

Leurs absences pour rentrée scolaire ou don du sang ne seront plus prises en compte dans le calcul de la prime de fin d'année: les salariés du champagne manifestent pour défendre leur convention collective

# Champagne : les salariés manifestent pour préserver leur prime de fin d'année Jusqu'à 650 manifestants selon les organisateurs, 500 selon la préfecture, ont d

# Champagne : les salariés manifestent pour préserver leur prime de fin d'année Jusqu'à 650 manifestants selon les organisateurs, 500 selon la préfecture, ont défilé ce jeudi matin à Épernay (Marne) à l'appel de la CGT Champagne. En cause : la décision de l'Union des Maisons de Champagne (UMC) de ne pas renouveler, à compter de 2027, une disposition de la convention collective du secteur qui excluait certaines absences du calcul de la prime de fin d'année. Les syndicats dénoncent une "déclaration de guerre" contre le statut social des salariés du champagne. ## Une disposition protégée depuis 2019 remise en cause Depuis 2019, la convention collective du champagne prévoyait que les absences pour la rentrée scolaire ou le don du sang n'étaient pas prises en compte dans le calcul de la prime de fin d'année, correspondant aux 13e et 14e mois. Or, l'UMC a annoncé lundi son intention de ne pas renouveler cette clause à partir de 2027. Le montant de cette prime est en effet diminué en fonction de la fréquence et de la durée des absences non assimilées légalement à du temps de travail effectif, comme la grève notamment. Dans un communiqué, l'UMC justifie ce retrait par le fait que "certains salariés ont intenté une action judiciaire" en se basant sur cette disposition pour tenter d'obtenir que la grève "n'ait plus d'incidence sur le montant de la prime, en contradiction avec l'esprit et le texte de la convention collective". L'organisation patronale affirme que le droit de grève n'est "aucunement remis en cause" par cette décision. ## Une "déclaration de guerre" selon la CGT Pour la CGT Champagne, cette décision est perçue comme une attaque directe. "En voulant ajouter une sanction supplémentaire sur la prime de fin d'année, l'UMC cherche à dissuader les salariés d'utiliser leur droit de grève", estime Philippe Cothenet, secrétaire général adjoint de la CGT Champagne, interrogé jeudi par l'AFP. Il qualifie cette décision de "déclaration de guerre" et d'"attaque directe du statut social des salariés du champagne". Le syndicaliste craint que l'UMC cherche, à travers ce retrait, à "étioler, et petit à petit, au final, à détruire" la convention collective du secteur, qu'il décrit comme "l'une des meilleures de France, voire d'Europe". La CFDT Champagne, également présente lors de la mobilisation, partage ces inquiétudes et appelle à la négociation plutôt qu'à la confrontation. ## Un enjeu de taille pour le secteur La prime de fin d'année représente un complément de revenu significatif pour les 15 000 salariés permanents du champagne, sans compter les 100 000 saisonniers qui travaillent chaque année dans les vignes et les caves. La modification de son calcul pourrait avoir un impact financier direct pour les employés, notamment ceux qui s'absentent pour des raisons familiales ou médicales. L'UMC, qui regroupe les principales maisons de champagne, justifie sa position par la nécessité de clarifier les règles et d'éviter des interprétations divergentes de la convention collective. Toutefois, la date butoir de 2027 laisse entrevoir une période de négociation tendue entre les partenaires sociaux. ## Une mobilisation qui pourrait s'étendre La manifestation d'Épernay, bien que limitée géographiquement, pourrait n'être que le début d'un mouvement plus large. La CGT Champagne a déjà appelé à d'autres actions si l'UMC maintient sa position. Les syndicats espèrent que la pression sociale et médiatique incitera les maisons de champagne à revenir sur leur décision. L'enjeu dépasse le simple calcul de la prime : il s'agit de préserver un modèle social qui a contribué à la prospérité du secteur. Le champagne, dont les exportations génèrent des milliards d'euros chaque année, pourrait voir son image écornée si le conflit social s'envenime. Les prochaines semaines seront décisives pour l'avenir de cette convention collective, symbole d'un dialogue social qui a longtemps fait la fierté de la filière.