"Les volumes de lettres ont chuté de plus de 70% par rapport à leur niveau maximal": un an après son rachat par le milliardaire Daniel Kretinsky, Royal Mail va supprimer jusqu'à 2.500 postes

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Un an après son rachat par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, l'opérateur postal britannique Royal Mail a annoncé, mercredi, son intention de supprimer jusqu'à 2.500 postes, soit environ 2% de ses effectifs. Le groupe justifie cette décision par la transformation profonde du marché postal, marquée par l'effondrement des volumes de courrier traditionnel et la montée en puissance de la livraison de colis.
## Un plan soumis à consultation syndicale
Selon le communiqué cité par BFM Business, Royal Mail prévoit de « réduire le nombre de postes au siège et dans les fonctions de support de jusqu'à 2.500 d'ici fin 2027 ». L'entreprise précise que ces coupes représenteraient « moins de 2% des plus de 131.000 employés » du groupe. Le dispositif, encore soumis à consultation avec les syndicats, devrait être mis en œuvre « par des départs naturels et un programme de départs volontaires, sans licenciements contraints », assure la direction. Une manière de désamorcer les tensions sociales dans un contexte déjà marqué, ces dernières années, par une grève pour les salaires et de graves défaillances dans la distribution du courrier.
## La lettre, un marché en chute libre
La justification avancée par Royal Mail tient en une phrase : « Les volumes de lettres ont chuté de plus de 70% par rapport à leur niveau maximal, tandis que la demande des clients pour des services de livraison de colis plus rapides et plus pratiques ne cesse de croître. » Cette mutation structurelle, amorcée depuis plus d'une décennie avec la numérisation des échanges, s'est accélérée après la pandémie de Covid-19. L'opérateur, dont les origines remontent à plus de cinq siècles, se retrouve ainsi contraint de réorganiser un modèle économique historiquement bâti sur l'acheminement du courrier, activité désormais largement déficitaire. Le virage vers la logistique des colis, plus concurrentielle et plus capitalistique, impose une réduction des structures administratives et de support.
## Un rachat à plus de 4 milliards d'euros
Le rachat de Royal Mail par Daniel Kretinsky, annoncé en mai 2024 pour 3,6 milliards de livres (4,2 milliards d'euros), a été finalisé en 2025. L'opération avait suscité une vive polémique dans la classe politique britannique, inquiète de voir cette entreprise privatisée en 2013 passer sous contrôle étranger. Le gouvernement travailliste avait obtenu des garanties, notamment que tout changement d'emplacement du siège social ou du centre d'opérations de Royal Mail soit soumis à son approbation. Ces engagements visaient à préserver l'ancrage national d'un groupe à forte valeur symbolique, pilier du service postal outre-Manche.
## Un enjeu de confiance et de service public
Au-delà des chiffres, cette annonce pose la question de la capacité de Royal Mail à maintenir un service universel de qualité tout en réduisant ses coûts. La suppression de postes au siège et dans les fonctions support, si elle épargne a priori les facteurs, pourrait fragiliser la coordination des tournées et la fiabilité de la distribution, déjà critiquée. Les syndicats, qui doivent être consultés, devraient scruter à la loupe la réalité des « départs volontaires » promis. Pour Daniel Kretinsky, l'équation est délicate : rentabiliser un actif en perte de vitesse sans déclencher de conflit social majeur, dans un pays où Royal Mail reste perçu comme un service public autant qu'une entreprise.