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« Les vaches ont pris de sacrés coups de chaud » : les élevages bretons ont souffert des canicules et redoutent maintenant la sécheresse

Une · · Par Claire BERNARD

« Les vaches ont pris de sacrés coups de chaud » : les élevages bretons ont souffert des canicules et redoutent maintenant la sécheresse

Canicules en Bretagne : les élevages laitiers sous tension, la sécheresse comme prochaine menace Alors que la Bretagne subit des épisodes de chaleur intense dep

Canicules en Bretagne : les élevages laitiers sous tension, la sécheresse comme prochaine menace

Alors que la Bretagne subit des épisodes de chaleur intense depuis le printemps, les éleveurs laitiers, particulièrement dans les Côtes-d’Armor, doivent adapter leurs pratiques pour protéger leurs troupeaux. Après des mois de canicules à répétition, la perspective d’une sécheresse estivale suscite une nouvelle inquiétude pour la viabilité des exploitations et la production de lait.

Un été précoce et brutal pour les troupeaux

Selon des informations rapportées par Le Figaro, l’agriculteur Xavier Goubin, dont l’exploitation est située à Plussulien (Côtes-d’Armor), a consigné dans son agenda les températures exceptionnelles enregistrées depuis mai. « Le 21 mai, il faisait 31 °C, le 26 mai, 35 °C, le lendemain, 34 °C… », détaille-t-il. Ces fortes chaleurs, bien supérieures aux moyennes saisonnières, ont durement affecté son troupeau de 60 vaches laitières (prim’Holstein et jersiaises) et 30 génisses. L’éleveur a notamment dû sortir ses veaux « des niches à veaux en catastrophe et les arroser pour les refroidir », illustrant la détresse animale face à ces conditions extrêmes.

Face à ce stress thermique, Xavier Goubin a pris une décision radicale pour préserver la santé de ses bêtes : ne plus traire qu’une fois par jour, contre deux habituellement. Cette mesure, bien que nécessaire, entraîne une perte de 20 % de sa production de lait. « Les vaches ont pris de sacrés coups de chaud. À la fin de la canicule de juin, elles en avaient ras la casquette, elles ne voulaient plus venir à la traite le soir », confie-t-il, soulignant l’épuisement des animaux. Ce phénomène, loin d’être isolé, pourrait concerner de nombreux élevages bretons confrontés à des températures records.

Des conséquences économiques et sanitaires en cascade

Les impacts des canicules ne se limitent pas à la baisse de production laitière. En Bretagne, région fortement agricole, les élevages de volailles et de porcs auraient également subi de lourdes pertes, selon le média. Le stress thermique chez les bovins peut entraîner des troubles de la reproduction, une augmentation de la mortalité et une dégradation de l’état général, ce qui menace la rentabilité des exploitations à moyen terme. Les éleveurs doivent désormais composer avec des coûts supplémentaires : ventilation, brumisation, accès à l’ombre et à l’eau en abondance.

Par ailleurs, la sécheresse qui menace désormais la région pourrait aggraver la situation. Un manque d’eau prolongé limiterait la pousse de l’herbe, principale ressource alimentaire des troupeaux en pâturage, obligeant les agriculteurs à puiser dans leurs réserves de fourrage ou à acheter des aliments complémentaires, dont les prix restent élevés. Cette double contrainte — chaleur et aridité — pourrait fragiliser davantage un secteur déjà sous pression.

Vers une adaptation structurelle des pratiques agricoles ?

Face à ces défis climatiques récurrents, les éleveurs bretons pourraient être contraints de repenser leurs modèles de production. Certaines pistes émergent, comme le développement de bâtiments mieux isolés, l’installation de systèmes de refroidissement ou la sélection de races plus résistantes à la chaleur. Toutefois, ces adaptations nécessitent des investissements conséquents, souvent hors de portée pour les petites exploitations familiales.

Les pouvoirs publics, de leur côté, pourraient être amenés à renforcer les dispositifs d’aide face aux aléas climatiques, notamment via la Pac ou des fonds régionaux. La question de la gestion de l’eau, cruciale pour l’agriculture bretonne, se pose avec une acuité nouvelle. Alors que les prévisions météorologiques indiquent un été potentiellement sec, les éleveurs, comme Xavier Goubin, oscillent entre résilience et inquiétude, conscients que les prochains mois pourraient être décisifs pour l’avenir de leurs troupeaux.