Les syndicats ont pourtant jugé les annonces "largement insuffisantes": la porte-parole du gouvernement défend un plan de soutien "colossal" pour les agriculteurs et assure que certains ministères "devront faire des efforts" pour le financer

Le gouvernement défend un effort « colossal » pour l’agriculture, là où les syndicats dénoncent des annonces « largement insuffisantes ». Alors que le plan d’ai
Le gouvernement défend un effort « colossal » pour l’agriculture, là où les syndicats dénoncent des annonces « largement insuffisantes ». Alors que le plan d’aides d’urgence atteint un milliard d’euros, la porte-parole de l’exécutif, Maud Bregeon, a prévenu que son financement impliquera des sacrifices budgétaires dans d’autres ministères.
### Un milliard d’euros jugé « insuffisant » face à des pertes estimées à 10 milliards
Invitée du Grand Jury RTL/Ouest-France/Public Sénat/M6, Maud Bregeon a qualifié dimanche ce plan de « colossal au regard du contexte budgétaire ». Un contexte marqué par un déficit public qui pourrait dépasser 5 % du PIB en 2026. Le chiffre avancé par l’exécutif contraste toutefois avec les évaluations du secteur. La FNSEA, principal syndicat agricole, estime en effet les pertes liées à la sécheresse, aux canicules et aux incendies à environ « 10 milliards d’euros ». Elle réclame « au moins deux milliards » d’euros de soutien. La Coordination rurale (CR) partage cette analyse, qualifiant les mesures gouvernementales de « largement insuffisantes ».
### Des arbitrages budgétaires délicats au sein du gouvernement
Pour financer cette enveloppe d’un milliard d’euros, la porte-parole a reconnu que des arbitrages seront nécessaires. « Certains ministères vont devoir faire des efforts » dans le cadre du prochain budget, a-t-elle averti, tout en précisant que les choix n’étaient « pas complètement » arrêtés à ce jour. Cette déclaration intervient alors que Bercy cherche des économies pour financer les mesures d’urgence, sans pour autant préciser quels postes ministériels seraient mis à contribution. La ministre a par ailleurs insisté sur le fait que « l’État n’est pas le seul à avoir un rôle à jouer », évoquant une « responsabilité collective » partagée avec les assureurs, les collectivités territoriales, la grande distribution et le consommateur.
### Une « responsabilité collective » au-delà de l’État
Maud Bregeon a appelé à une mobilisation élargie pour soutenir une agriculture française « éprouvée ». Selon elle, si l’exécutif « répond présent » et comprend la « détresse » et l’« inquiétude » du monde agricole, l’effort ne saurait être exclusivement public. Elle a ainsi exhorté les acteurs privés à contribuer à l’effort national, notamment en encourageant l’achat de produits alimentaires français. Cette position intervient après l’annonce, vendredi, d’un plan d’aides d’urgence destiné à faire face à un été marqué par des phénomènes climatiques extrêmes qui ont lourdement pesé sur les récoltes.
### Un plan d’urgence qui ouvre la voie à des discussions tendues
Alors que le gouvernement présente ce milliard d’euros comme une réponse forte, le fossé reste important avec les attentes des syndicats agricoles. La FNSEA a déjà fait savoir que ce montant ne couvrirait qu’une fraction des pertes subies. Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour mesurer l’ampleur des concessions que l’exécutif sera prêt à consentir, notamment dans le cadre des discussions budgétaires. La question du financement, qui impliquera des coupes dans d’autres politiques publiques, pourrait raviver les tensions au sein même de la majorité et avec les différents ministères concernés.