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Les salariés continueront à percevoir 72% de leur salaire net, dont une partie sera prise en charge par l'État: les entreprises touchées par les incendies vont bénéficier du chômage partiel

Economie · · Par Julie MOREAU

Les salariés continueront à percevoir 72% de leur salaire net, dont une partie sera prise en charge par l'État: les entreprises touchées par les incendies vont bénéficier du chômage partiel

Incendies : le chômage partiel activé pour les entreprises sinistrées, les salariés maintenus à 72% du salaire net Face aux incendies qui ravagent le Sud-Ouest

Incendies : le chômage partiel activé pour les entreprises sinistrées, les salariés maintenus à 72% du salaire net

Face aux incendies qui ravagent le Sud-Ouest et la Provence, le gouvernement a annoncé le déploiement du dispositif d’activité partielle pour les entreprises touchées. Les salariés concernés continueront de percevoir 72 % de leur salaire net, dont une partie sera prise en charge par l’État. Le ministre du Travail a donné instruction de traiter en urgence les demandes, alors que l’activité économique est fortement perturbée en Gironde et dans les zones les plus dévastées.

Un dispositif accéléré pour les zones évacuées

Le ministère du Travail a précisé les conditions d’éligibilité ce mardi 28 juillet dans un communiqué. La priorité est accordée aux « entreprises sinistrées, ou qui se trouvent dans une zone géographique ayant fait l’objet d’une évacuation ». Ces structures bénéficieront d’une procédure simplifiée et accélérée pour accéder au chômage partiel. L’objectif affiché est de répondre rapidement aux besoins des employeurs confrontés à des fermetures contraintes ou à l’impossibilité pour leurs salariés de travailler en raison des fumées et des risques sanitaires.

Seront également éligibles les entreprises « qui ne peuvent poursuivre leur activité en raison des conséquences des incendies » et celles « dont la poursuite de l’activité n’est plus possible compte tenu de l’exposition de leurs salariés à un risque pour leur santé ou leur sécurité, malgré la mise en œuvre des mesures de prévention ». Cette définition large vise à couvrir un maximum de situations, des commerces de proximité aux sites industriels situés à proximité des foyers.

Un soutien financier direct aux salariés et aux entreprises

Le dispositif d’activité partielle permet à une entreprise confrontée à une baisse d’activité de placer ses salariés en chômage partiel. Concrètement, ces derniers continuent à percevoir 72 % de leur salaire net, une partie de cette indemnité étant prise en charge par l’État. Pour l’employeur, cela évite des licenciements économiques massifs tout en préservant les compétences. Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, cité dans le communiqué, a déclaré : « Notre priorité est simple : protéger les salariés, préserver l’emploi, l’activité économique et accompagner les entreprises touchées. »

Le ministère ne précise pas le nombre exact d’entreprises concernées. Toutefois, le ministre de l’Économie Roland Lescure avait indiqué lundi matin que « plus de 13 000 » structures pourraient être impactées. Selon la chambre de commerce et d’industrie, ce sont 14 500 entreprises qui seraient potentiellement éligibles. Ces chiffres illustrent l’ampleur des perturbations économiques causées par les incendies, qui touchent à la fois les zones viticoles, forestières et touristiques.

Un enjeu de trésorerie et de maintien de l’emploi

Au-delà de l’indemnisation des salariés, le recours au chômage partiel représente un enjeu crucial de trésorerie pour les entreprises. En évitant de verser l’intégralité des salaires sur une période d’inactivité forcée, elles limitent le risque de défaillance. Le traitement accéléré des demandes, demandé par le ministre du Travail, vise à éviter des ruptures de trésorerie qui pourraient aggraver la situation dans les semaines à venir.

Les entreprises sinistrées devront fournir des justificatifs de leur situation (arrêté d’évacuation, constat de fermeture administrative, etc.) pour bénéficier de la procédure simplifiée. Les services de l’État sont mobilisés pour instruire ces dossiers dans les plus brefs délais. Ce dispositif s’inscrit dans la continuité des mesures d’urgence déjà déployées lors de précédentes crises, comme la pandémie de Covid-19, où l’activité partielle avait massivement été utilisée.

Alors que les incendies continuent de progresser dans plusieurs départements, le gouvernement mise sur cette mesure pour amortir le choc économique. L’enjeu est double : préserver le pouvoir d’achat des salariés contraints à l’arrêt et éviter une vague de fermetures définitives dans les zones les plus touchées. Le suivi des demandes et l’évolution des foyers détermineront si le dispositif devra être élargi dans les jours à venir.