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Les retraités échappent (pour le moment) à une nouvelle mesure d'économies: les députés rejettent le gel des pensions supérieures à 1.260 euros

Economie · · Par Julie MOREAU

Les retraités échappent (pour le moment) à une nouvelle mesure d'économies: les députés rejettent le gel des pensions supérieures à 1.260 euros

## Les retraités échappent, pour l'instant, au gel des pensions au-delà de 1 260 euros Les députés ont rejeté, vendredi en commission des Affaires sociales, la

## Les retraités échappent, pour l'instant, au gel des pensions au-delà de 1 260 euros Les députés ont rejeté, vendredi en commission des Affaires sociales, la désindexation de deux tiers des pensions de retraite sur l'inflation, mesure phare d'économies du gouvernement dans son projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027. Ce vote ne constitue toutefois qu'une étape, les débats reprenant mardi dans l'hémicycle à partir du texte initial. ## Une mesure au cœur du budget de la Sécu Le dispositif gouvernemental prévoit que toutes les pensions de base ne soient plus revalorisées en janvier en suivant l'inflation, contrairement à la règle habituelle. Selon la version actuelle du texte, seul un tiers des retraités, ceux percevant jusqu'à 1 260 euros de pension, continueraient de bénéficier d'une hausse indexée sur la inflation. Au-delà de ce seuil, la sous-indexation, voire le gel pur et simple des pensions, serait déterminé par décret. L'enjeu financier est considérable. Si l'ensemble des pensions supérieures à 1 260 euros étaient gelées, environ 4 milliards d'euros seraient économisés, un montant significatif dans un contexte de recherche d'économies budgétaires. Le gouvernement se dit néanmoins ouvert à une revalorisation partielle de certaines pensions, notamment celles comprises entre 1 260 et 2 000 euros, une souplesse qui pourrait servir de base de négociation. ## Un deuxième revers pour l'exécutif Ce vote en commission intervient après un autre signal négatif pour le gouvernement. Jeudi, dans l'hémicycle, lors des débats sur le budget de l'État, les députés avaient déjà rejeté une mesure visant les retraités, portant sur le plafonnement de l'abattement fiscal dont ils bénéficient. Ces deux revers successifs illustrent la sensibilité politique du sujet à six mois de l'élection présidentielle. Le caractère non définitif du vote de vendredi mérite d'être souligné. Les députés repartiront du texte initial mardi dans l'hémicycle, ce qui signifie que la disposition pourrait être réintroduite ou amendée. La commission n'a pas valeur de décision finale, mais son orientation pèse sur la suite des discussions. ## Décrets et rétroactivité en question Le gouvernement précise que des décrets pourront être pris en 2027 par un nouveau gouvernement, permettant de revenir sur la mesure, y compris de manière rétroactive. Cette possibilité a suscité de vives réactions. « C'est l'article le plus grave et le plus préoccupant », a dénoncé Christophe Bentz, député du Rassemblement national, cité par BFM Business. L'argument avancé par l'exécutif repose sur la flexibilité : laisser à une future majorité la main sur le calendrier et l'ampleur de la revalorisation. Mais pour les oppositions, ce mécanisme revient à transférer au pouvoir réglementaire une décision aux conséquences directes sur le pouvoir d'achat de millions de retraités. ## Un dossier loin d'être clos Le rejet en commission ne scelle donc pas le sort de la mesure. Le véritable arbitrage aura lieu dans l'hémicycle à partir de mardi, puis dans le cadre de la navette parlementaire. Entre la recherche d'économies chiffrées en milliards d'euros et la protection du pouvoir d'achat des retraités, le gouvernement devra trouver un équilibre politique délicat. À six mois d'une échéance présidentielle, chaque vote sur les pensions pèsera dans le débat public.