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Les responsables du piratage des données du fisc assurent avoir vendu les fichiers pour des "milliers d’euros"

Une · · Par Claire BERNARD

Les responsables du piratage des données du fisc assurent avoir vendu les fichiers pour des

Le groupe de hackers français ZeroBytes a affirmé ce lundi 17 août à l’AFP avoir vendu les données de 678 000 usagers volées au fisc, selon des informations rap

Le groupe de hackers français ZeroBytes a affirmé ce lundi 17 août à l’AFP avoir vendu les données de 678 000 usagers volées au fisc, selon des informations rapportées par Midi Libre. Cette déclaration intervient alors qu’une réunion de crise s’est tenue au sommet de l’État pour parer aux risques de fuite massive d’informations personnelles. Les auteurs présumés de ce piratage d’envergure assurent avoir cédé les fichiers pour des « milliers d’euros », un montant qui pourrait sembler dérisoire au regard de la sensibilité des données concernées. ## Une vente confirmée par les hackers eux-mêmes D’après les déclarations faites à l’AFP, les membres de ZeroBytes auraient non seulement orchestré le vol des données, mais également trouvé preneur pour ces fichiers sensibles. Les montants évoqués, décrits comme des « milliers d’euros », restent toutefois à confirmer, aucune transaction officielle n’ayant été documentée à ce stade. Les experts en cybersécurité interrogés par Midi Libre soulignent que ce type de vente sur des forums clandestins se négocie généralement à des prix variables selon la qualité et l’actualité des données. Le fait que les hackers aient choisi de révéler eux-mêmes cette transaction pourrait également relever d’une stratégie de communication destinée à maximiser leur notoriété dans la communauté cybercriminelle. Par ailleurs, l’ampleur du préjudice potentiel pour les 678 000 usagers concernés demeure difficile à évaluer précisément. Les informations dérobées pourraient inclure des numéros de sécurité sociale, des adresses, des déclarations de revenus ou encore des coordonnées bancaires. Selon des sources proches du dossier, la revente de ces données à des tiers malveillants pourrait faciliter des opérations d’usurpation d’identité ou des campagnes de phishing extrêmement ciblées. Les autorités appellent d’ailleurs les contribuables potentiellement concernés à une vigilance accrue concernant leurs relevés bancaires et leurs communications électroniques. ## Une réunion de crise au sommet de l’État Face à la gravité de la situation, une réunion de crise a été organisée au plus haut niveau de l’exécutif afin de coordonner la réponse institutionnelle. Selon les éléments rapportés par Midi Libre, cette cellule de crise aurait réuni plusieurs ministères, dont Bercy, ainsi que les services spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité. L’objectif affiché serait double : d’une part, évaluer l’étendue exacte des fuites et identifier les fichiers concernés ; d’autre part, mettre en place des mesures de protection renforcées pour les personnes dont les données ont été compromises. Des notifications individuelles pourraient être adressées aux victimes dans les prochains jours, bien que le calendrier précis n’ait pas encore été officiellement communiqué. Cette affaire rappelle, par son ampleur, les précédentes attaques ayant visé des institutions publiques françaises. En 2019, une tentative de piratage des sites du ministère des Finances avait déjà conduit à un renforcement significatif des protocoles de sécurité. Toutefois, la compromission de près de 700 000 dossiers fiscaux représenterait, selon plusieurs observateurs, l’un des plus importants vols de données administratives jamais constaté dans l’Hexagone. Les enquêteurs devront déterminer comment les hackers ont pu contourner les systèmes de protection du fisc, alors que ceux-ci sont réputés parmi les plus robustes de l’administration française. ## Des conséquences potentiellement durables pour les victimes Au-delà de l’aspect immédiat de la fuite, les conséquences pour les usagers concernés pourraient s’étendre sur plusieurs années. Les données fiscales, par leur nature exhaustive et précise, constituent en effet une cible de choix pour les fraudeurs souhaitant monter des dossiers d’emprunt fictifs ou créer des sociétés écrans. Selon des spécialistes en droit du numérique cités par Midi Libre, les victimes devront probablement engager des démarches administratives lourdes pour faire valoir leurs droits et tenter de limiter les dommages collatéraux. Des procédures de signalement auprès de la CNIL pourraient également être envisagées, d’autant plus que l’institution a déjà été saisie dans le cadre de précédentes affaires similaires. Le rôle des plateformes de vente de données volées interroge par ailleurs les autorités, qui peinent à endiguer ce phénomène mondialisé. Les transactions en cryptomonnaies, difficilement traçables, compliquent considérablement le travail des enquêteurs. Dans ce contexte, la coopération internationale apparaît comme un levier essentiel pour remonter les filières, bien que son efficacité reste tributaire de la bonne volonté des juridictions étrangères. L’affaire ZeroBytes pourrait ainsi servir de cas d’école pour évaluer les lacunes du système actuel et, peut-être, inspirer de nouvelles mesures législatives visant à durcir les sanctions contre les cybercriminels.