Les réserves de gaz allemandes sont à moitié vides: malgré des stocks à un plus bas historique pour un mois de septembre, Berlin assure qu'il n'y aura pas de pénurie cet hiver

Les réserves de gaz allemandes n’étaient remplies qu’à 53 % début septembre, un niveau historiquement bas pour cette période de l’année, selon l’association du
Les réserves de gaz allemandes n’étaient remplies qu’à 53 % début septembre, un niveau historiquement bas pour cette période de l’année, selon l’association du secteur Ines. Les exploitants de stockages alertent sur une « fenêtre » de reconstitution qui se referme rapidement avant l’hiver, tandis que Berlin écarte tout risque de pénurie. Ce déséquilibre intervient dans un contexte de tensions sur les prix, amplifiées par la fermeture du détroit d’Ormuz.
### Un remplissage en net retrait par rapport à l’an dernier
Les installations de stockage de gaz allemandes affichaient environ 53 % de remplissage au début du mois de septembre, contre 71 % un an plus tôt, précise Ines dans un communiqué. Il s’agit du plus faible niveau enregistré pour un début septembre depuis le lancement des relevés il y a quinze ans. À titre de comparaison, la moyenne dans l’Union européenne se situe à 67 %, selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI). Ce retard significatif soulève des interrogations sur la capacité du pays à traverser la saison froide sans difficultés majeures, même si les autorités se veulent rassurantes.
### Un objectif de 77 % jugé « techniquement atteignable »
Malgré ce déficit, un niveau de remplissage d’environ 77 % d’ici au 1er novembre reste « techniquement atteignable », selon l’organisation professionnelle. Le directeur général d’Ines, Sebastian Heinermann, a toutefois nuancé cet optimisme : « Le facteur décisif est désormais de savoir si les clients (fournisseurs de gaz, régies municipales…) rempliront les capacités qu’ils ont réservées et s’ils le feront suffisamment rapidement ». Or, la hausse des prix du gaz, observée depuis la fermeture du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande partie de la production de gaz liquéfié (GNL) en provenance du Qatar, combinée à de faibles écarts entre les prix d’été et d’hiver, réduit les incitations à injecter du gaz dans les réserves. Ce contexte économique défavorable pourrait compromettre l’atteinte de l’objectif fixé.
### Un scénario hivernal qui dépend des conditions climatiques
Ines souligne qu’un taux de remplissage de 77 % serait suffisant dans un scénario climatique normal. En revanche, ce niveau pourrait s’avérer insuffisant en cas d’hiver exceptionnellement froid, une hypothèse que les opérateurs ne peuvent écarter. Les discussions entre le gouvernement allemand et les groupes énergétiques Uniper et SEFE, ex-filiale allemande, rapportées par la presse locale et l’agence Bloomberg, témoignent d’une vigilance accrue des autorités. Ces échanges porteraient sur les mesures à prendre pour sécuriser l’approvisionnement, sans toutefois que Berlin ne reconnaisse officiellement un risque de pénurie.
### Une position gouvernementale ferme mais prudente
Le gouvernement allemand exclut tout risque de pénurie pour l’hiver à venir, une position réaffirmée face aux inquiétudes croissantes des opérateurs. Toutefois, la marge de manœuvre semble étroite : les stocks actuels, combinés aux incertitudes géopolitiques et aux tensions sur le marché du GNL, laissent planer un doute sur la robustesse du dispositif. Les prochaines semaines seront déterminantes pour juger de la capacité des acteurs à reconstituer les réserves dans les délais impartis. En cas d’échec, l’Allemagne pourrait devoir recourir à des mesures d’urgence, une perspective que Berlin souhaite visiblement éviter.