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Les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine refusaient qu'il soit en partie privé: Sébastien Lecornu confirme que le financement de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse sera public

Economie · · Par Julie MOREAU

Les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine refusaient qu'il soit en partie privé: Sébastien Lecornu confirme que le financement de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse sera public

Le gouvernement abandonne le privé pour le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse Le ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Sébasti

Le gouvernement abandonne le privé pour le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse

Le ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Sébastien Lecornu, a officiellement tranché : le financement de la ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse sera entièrement public. Dans un courrier adressé mardi 24 juin aux présidents des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, Carole Delga et Alain Rousset, le Premier ministre écarte définitivement le recours à un partenariat public-privé (PPP), une hypothèse qui suscitait une vive opposition depuis plusieurs mois. Cette décision confirme l’engagement de l’État dans un projet ferroviaire majeur, estimé à 14 milliards d’euros, et visant à relier Toulouse à Paris via Bordeaux en un peu plus de trois heures d’ici 2032.

Un revirement après des mois de tensions

Depuis le début de l’année, la piste d’un financement en partie privé était au cœur des débats. Le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) avait évoqué, dans un rapport, une hausse « probable » de 20 % du coût du projet, et pointé la difficulté pour l’État de mobiliser sa part dans le cadre initialement prévu. Cette perspective avait provoqué une levée de boucliers des collectivités locales. Les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, rejointes par plusieurs élus, avaient fustigé en janvier l’hypothèse d’un PPP, estimant qu’il « retarderait et renchérirait le chantier ». Le courrier de Sébastien Lecornu met un terme à ces spéculations. « Vous avez exprimé, avec les collectivités partenaires, votre nette préférence en faveur d’un recours à la conception-réalisation et votre vive opposition aux autres schémas explorés », écrit le Premier ministre, avant d’ajouter : « Je vous indique que la réalisation du projet passera par un marché de conception-réalisation. » Ce choix, qui exclut tout financement privé, répond directement aux exigences des présidents de région.

Un projet « irréversible » au financement partagé

Le projet de LGV Sud-Ouest, qualifié d’« irréversible » par Sébastien Lecornu lors de sa visite à Toulouse début mai, prévoit deux phases distinctes. D’abord, la liaison Bordeaux-Toulouse, qui permettrait de relier la Ville rose à Paris en trois heures et dix minutes à l’horizon 2032. Ensuite, le prolongement vers Dax, attendu pour 2034, qui réduirait de vingt minutes le temps de trajet actuel vers l’Espagne. Le financement, lui, repose sur un schéma tripartite : 40 % par les collectivités locales (régions, départements, métropoles), 40 % par l’État et 20 % par l’Union européenne. Ce modèle public, bien que lourd pour les budgets locaux, a été privilégié pour sa prévisibilité et sa maîtrise des coûts. Selon les estimations de 2020, l’enveloppe globale de 14 milliards d’euros pourrait toutefois être révisée à la hausse, comme le suggérait le COI. En écartant le PPP, le gouvernement mise sur une gouvernance publique centralisée, censée éviter les dérives financières et les retards souvent associés aux montages privés.

Les régions obtiennent gain de cause, les chantiers restent à lancer

Cette décision marque une victoire pour Carole Delga et Alain Rousset, qui n’avaient cessé de plaider pour un financement 100 % public. En janvier, ils avaient dénoncé un PPP comme une « fausse bonne solution », susceptible de « fragiliser l’équilibre budgétaire des collectivités » et de « complexifier la réalisation des travaux ». Le courrier de Sébastien Lecornu officialise donc un revanche politique, mais aussi un engagement technique : le recours à un marché de conception-réalisation, où un seul contractant est chargé de la conception et de la construction, devrait permettre de rationaliser les délais. Reste à savoir si ce modèle tiendra ses promesses face à l’ampleur du chantier. Les études préliminaires et les consultations publiques devraient s’accélérer dans les prochains mois, avec un objectif de mise en service pour 2032. Pour les habitants du Sud-Ouest, l’horizon d’une liaison ferroviaire rapide avec Paris semble enfin se préciser, même si le financement public ne met pas à l’abri d’éventuelles surprises budgétaires.