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Les prix de l'immobilier ont augmenté de 53,4% en 10 ans en Europe: selon cette agence de l'UE, la "crise prolongée du coût de la vie" est un problème de droit des citoyens

Economie · · Par Julie MOREAU

Les prix de l'immobilier ont augmenté de 53,4% en 10 ans en Europe: selon cette agence de l'UE, la

# Logement, haine en ligne et travailleurs étrangers : l’agence européenne des droits fondamentaux alerte sur une “crise prolongée du coût de la vie” Les prix d

# Logement, haine en ligne et travailleurs étrangers : l’agence européenne des droits fondamentaux alerte sur une “crise prolongée du coût de la vie” Les prix de l’immobilier ont bondi de 53,4 % dans l’ensemble de l’Union européenne entre 2015 et 2024, tandis que les loyers ont progressé de 16,8 % sur la même période. Ces chiffres, issus du rapport annuel de l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA) publié jeudi, illustrent une pression croissante sur le pouvoir d’achat des citoyens. Selon la directrice de l’agence basée à Vienne, Sirpa Rautio, cette situation n’est pas seulement économique : elle constitue un véritable problème de droits fondamentaux. ## Une flambée immobilière qui fragilise l’accès au logement La hausse des prix de l’immobilier, bien supérieure à celle des revenus moyens dans de nombreux États membres, a contribué à aggraver la précarité résidentielle. Selon les estimations de la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abris (Feantsa), 1 287 000 personnes étaient sans domicile fixe dans l’UE en 2025. “Partout dans l’UE, les gens subissent des pressions au quotidien en raison de la crise prolongée du coût de la vie”, a déclaré Sirpa Rautio. Le rapport souligne que cette situation affecte en priorité les ménages à faibles revenus, les jeunes et les familles monoparentales, pour lesquels l’accès à un logement décent devient un parcours d’obstacles. ## La haine en ligne : une menace pour la démocratie Autre phénomène préoccupant identifié par la FRA : plus d’une personne sur trois dans l’UE a été confrontée à des contenus haineux en ligne. L’Union européenne dispose pourtant de lois pour réguler Internet, mais “leur application s’est heurtée à des difficultés, notamment pour réclamer des comptes aux grandes plateformes technologiques et en raison de certaines résistances politiques en dehors” du bloc, a précisé la directrice. Ce constat intervient alors que les discours de haine, qu’ils soient racistes, antisémites, islamophobes ou homophobes, se multiplient sur les réseaux sociaux. La FRA appelle à un renforcement de la coopération entre les États membres et les géants du numérique, ainsi qu’à une meilleure formation des autorités judiciaires pour traiter ces infractions. ## Travailleurs étrangers : une intégration économique encore insuffisante Troisième grande tendance soulevée par le rapport en 2025 : “l’existence de problèmes sérieux liés à l’emploi, qui touchent les travailleurs de pays tiers”. Alors que les mesures de soutien aux personnes fuyant la guerre en Ukraine ont montré une certaine efficacité, l’intégration des travailleurs étrangers sur le marché du travail européen reste perfectible. La FRA pointe des discriminations à l’embauche, des conditions de travail parfois précaires et un accès limité aux droits sociaux. Ces difficultés, combinées à la hausse du coût de la vie, créent un cercle vicieux qui freine l’inclusion économique et sociale de millions de personnes. ## Un contexte international qui pèse sur le bien-être “L’environnement international imprévisible et les guerres en cours ont des répercussions ici même, chez nous – notamment sur le sentiment de sécurité et de bien-être des populations”, a déploré Sirpa Rautio. Le rapport de la FRA, qui couvre l’ensemble des 27 États membres, insiste sur la nécessité de considérer ces enjeux comme des priorités politiques. Pour l’agence, la “crise prolongée du coût de la vie” n’est pas un simple ajustement conjoncturel : elle remet en cause des droits fondamentaux tels que l’accès à un logement décent, la sécurité en ligne et l’égalité des chances sur le marché du travail. Les institutions européennes et nationales sont désormais appelées à agir pour éviter que ces fractures ne s’aggravent.