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Les pompiers des Bouches-du-Rhône privés de Canadairs en plein incendie ? La note de service qui interroge

Une · · Par Claire BERNARD

Les pompiers des Bouches-du-Rhône privés de Canadairs en plein incendie ? La note de service qui interroge

Canadairs indisponibles : une note interne des pompiers des Bouches-du-Rhône révèle des « difficultés importantes » en plein incendie À quelques heures de la vi

Canadairs indisponibles : une note interne des pompiers des Bouches-du-Rhône révèle des « difficultés importantes » en plein incendie

À quelques heures de la visite du ministre de la Transition écologique, Sébastien Lecornu, à Marseille sur le thème de la lutte contre les feux de forêt, une note de service interne de la préfecture des Bouches-du-Rhône, diffusée par erreur, jette un éclairage troublant sur les moyens alloués aux pompiers du département. Selon des informations rapportées par Le Figaro ce jeudi 2 juillet 2026, le document, rédigé en pleine nuit alors qu’un incendie ravageait 260 hectares entre Lançon-Provence et la Fare-les-Oliviers, fait état de « difficultés opérationnelles » majeures, notamment dans l’obtention de moyens aériens nationaux, dont les Canadairs.

### Un feu violent sous haute tension

L’incendie, qui s’est déclaré la veille au soir, a parcouru 260 hectares à la lisière de la petite commune de la Fare-les-Oliviers, poussé par un fort vent et une sécheresse particulièrement prononcée. Le département des Bouches-du-Rhône était classé en vigilance très sévère aux risques de feu de forêt, un indicateur qui aurait dû, selon les observateurs, déclencher un déploiement rapide et massif de moyens. Le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 13) a lutté toute la nuit contre les flammes, et le bilan, bien que positif avec aucune habitation endommagée, n’en demeure pas moins préoccupant sur le plan logistique.

Selon la note de service interne, dont Le Figaro a obtenu copie, le SDIS 13 « fait état de difficultés importantes dans l’obtention de moyens aériens nationaux ». Le texte précise que, « malgré plusieurs sollicitations, aucune réponse n’a été apportée ». Cette révélation intervient dans un contexte où la saison des feux de forêt s’annonce particulièrement redoutable, avec des températures déjà élevées et des sols extrêmement secs dans le sud de la France.

### Une polémique à quelques heures de la visite ministérielle

La diffusion de cette note, qualifiée par les services de la préfecture d’« erreur de procédure », tombe au plus mauvais moment pour le gouvernement. Sébastien Lecornu, attendu à Marseille dans la journée, devait justement aborder la question des moyens aériens de lutte contre les incendies, un sujet récurrent dans la région. Les pompiers, de leur côté, n’ont pas officiellement commenté le document, mais des sources internes évoquent une « frustration grandissante » face à ce qu’ils perçoivent comme un désengagement progressif de l’État dans la mise à disposition des Canadairs, pourtant essentiels dans la lutte contre les grands feux de forêt.

La polémique s’inscrit dans un débat plus large sur la répartition des moyens entre les services départementaux et nationaux. Le SDIS 13, qui dispose de ses propres moyens aériens légers, dépend en effet des Canadairs de la sécurité civile pour les feux les plus importants. En l’absence de réponse, les pompiers ont dû se contenter de leurs hélicoptères bombardiers d’eau, moins efficaces face à des flammes attisées par un vent fort.

### Des questions sur la gestion des crises

Cette affaire soulève des interrogations sur la coordination entre les autorités locales et nationales en période de crise. Alors que le changement climatique multiplie les épisodes de sécheresse et de vents violents, la disponibilité des moyens aériens devient un enjeu crucial pour la protection des populations et des biens. Les 260 hectares brûlés à Lançon-Provence et la Fare-les-Oliviers n’ont pas fait de victimes, mais la frontière entre un incident maîtrisé et une catastrophe pourrait, selon des experts, s’amenuiser si les moyens ne suivent pas.

Le ministre Sébastien Lecornu, qui n’a pas encore réagi officiellement à cette note, devrait être interrogé sur le sujet lors de sa visite. La préfecture des Bouches-du-Rhône, de son côté, a indiqué que des « vérifications internes » étaient en cours pour comprendre les raisons de ce défaut de réponse aux sollicitations du SDIS 13. Une enquête administrative pourrait être ouverte, tandis que les pompiers du département restent en alerte, conscients que la saison des feux ne fait que commencer.