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Les mines terrestres insuffisantes pour la transition énergétique? The Metals Company espère obtenir en 2027 le premier permis d'extraction minière en haute mer pour un projet de 65.000 hectares dans le Pacifique

Economie · · Par Julie MOREAU

Les mines terrestres insuffisantes pour la transition énergétique? The Metals Company espère obtenir en 2027 le premier permis d'extraction minière en haute mer pour un projet de 65.000 hectares dans le Pacifique

**Les mines terrestres insuffisantes pour la transition énergétique? The Metals Company vise la haute mer** Dans un contexte où la transition énergétique nécess

**Les mines terrestres insuffisantes pour la transition énergétique? The Metals Company vise la haute mer** Dans un contexte où la transition énergétique nécessite une augmentation significative de la production de métaux rares, les entreprises se tournent de plus en plus vers l'exploitation des grands fonds marins. La canadienne The Metals Company (TMC) est l'une de ces sociétés qui espère obtenir, d'ici le premier trimestre 2027, un permis d'extraction minière en haute mer pour un projet ambitieux de 65.000 kilomètres carrés dans la zone de Clarion-Clipperton, un secteur de l'océan Pacifique. Cette initiative soulève de nombreuses questions sur la durabilité environnementale et la viabilité économique de l'exploitation minière en haute mer. Le projet de TMC, qui s'étend sur une surface équivalente à celle du Sri Lanka ou de la Lituanie, vise à extraire des nodules polymétalliques, des galets de 5 à 10 cm de diamètre formés sur des millions d'années. Ces nodules, qui se trouvent à des profondeurs comprises entre 4.000 et 6.000 mètres, contiennent des métaux essentiels tels que le manganèse, le fer, le nickel, le cuivre, le cobalt et le titane. Ces éléments sont cruciaux pour la fabrication de batteries, notamment celles des véhicules électriques, un secteur en pleine expansion face à la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cependant, les implications environnementales de cette exploitation sous-marine sont préoccupantes. Les scientifiques avertissent que les écosystèmes marins concernés sont encore largement méconnus et que l'extraction de ces ressources pourrait avoir des impacts dévastateurs. Selon une étude publiée dans la revue *Nature*, l'exploitation des fonds marins pourrait perturber des habitats uniques et entraîner la perte de biodiversité dans des zones qui sont restées intactes pendant des milliers d'années. Les effets à long terme de ces perturbations sont difficiles à évaluer, ce qui rend les projets d'extraction risqués tant sur le plan environnemental qu'économique. La France, par l'intermédiaire de son ministre de la Transition écologique, a clairement exprimé son opposition à l'exploitation minière en haute mer, plaidant pour la préservation de ces écosystèmes fragiles. Cela rejoint les préoccupations de plusieurs ONG environnementales qui qualifient cette course à l'extraction de "nouveau Far West", faisant référence à un manque de régulation et à une précipitation dans l'ouverture de nouveaux fronts miniers. Sur le plan économique, les modèles de rentabilité des projets d'extraction sous-marine semblent encore balbutiants. Les coûts d'extraction, de transport et de traitement des métaux rares issus des grands fonds marins sont actuellement incertains. Une étude commandée par l'International Seabed Authority (ISA) a révélé que les coûts d'exploitation pourraient être jusqu'à cinq fois plus élevés que ceux des mines terrestres. De plus, la volatilité des prix des métaux sur les marchés mondiaux pose un risque supplémentaire pour la viabilité économique de ces projets. Face à ces défis, certaines entreprises tentent de "dérisquer" leurs opérations en investissant dans la recherche et le développement de technologies d'extraction plus durables. Toutefois, le chemin vers une exploitation responsable et durable des ressources marines reste semé d'embûches. La nécessité de garantir une protection adéquate des écosystèmes marins tout en répondant à la demande croissante de métaux rares est un équilibre délicat à atteindre. En conclusion, l'initiative de The Metals Company et d'autres entreprises visant à exploiter les grands fonds marins pour répondre aux besoins énergétiques mondiaux soulève des questions complexes. Alors que la demande de métaux rares augmente, il est essentiel d'évaluer soigneusement les impacts environnementaux et économiques de ces projets. La transition énergétique ne devrait pas se faire au détriment de la santé des écosystèmes marins, et des discussions sur la régulation et la durabilité de l'exploitation minière en haute mer sont plus que jamais nécessaires.