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Les méga feux qui ont ravagé la France vont-ils aussi plomber sa croissance ? Pas du tout, selon les analystes de Capital Economics

Une · · Par Claire BERNARD

Les méga feux qui ont ravagé la France vont-ils aussi plomber sa croissance ? Pas du tout, selon les analystes de Capital Economics

L’été 2022 restera marqué par des incendies d’une ampleur inédite en France, avec plus de 60 000 hectares brûlés selon les bilans officiels. Alors que les consé

L’été 2022 restera marqué par des incendies d’une ampleur inédite en France, avec plus de 60 000 hectares brûlés selon les bilans officiels. Alors que les conséquences environnementales et humaines ont largement été documentées, la question de l’impact macroéconomique de ces sinistres demeurait en suspens. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, les analystes de Capital Economics estiment toutefois que ces méga feux ne devraient pas peser significativement sur la croissance française, une analyse qui tranche avec les inquiétudes initiales des observateurs. ### Un impact jugé marginal sur le PIB national D’après les économistes de Capital Economics, cités par *Le Figaro Patrimoine et Bourse*, l’effet des incendies sur le produit intérieur brut (PIB) français serait limité, de l’ordre de quelques dixièmes de point au maximum. Cette évaluation repose sur la structure même de l’économie nationale, où le secteur primaire, notamment l’agriculture et la sylviculture, ne représente qu’une part modeste de la valeur ajoutée totale. En effet, les régions les plus touchées, comme la Gironde ou les Landes, contribuent de manière relativement faible à la production nationale comparée aux pôles industriels et tertiaires. Par ailleurs, les analystes soulignent que les opérations de reconstruction et de reboisement pourraient, à terme, générer une activité compensatrice, un phénomène classique observé après les catastrophes naturelles. ### Une résilience économique structurelle Le cabinet d’études britannique insiste également sur la capacité de l’économie française à absorber ce type de choc exogène. Selon les données historiques mobilisées par les analystes, les catastrophes naturelles passées, qu’il s’agisse de tempêtes ou d’inondations majeures, n’ont jamais provoqué de récession durable dans les pays développés. Les mécanismes d’assurance et les aides publiques, bien que coûteux pour les finances de l’État, jouent un rôle d’amortisseur en maintenant le pouvoir d’achat des ménages et en finançant la remise en état des infrastructures. Toutefois, les économistes nuancent leur propos en rappelant que ces conclusions valent pour un scénario où les incendies restent un événement ponctuel, et non une manifestation récurrente liée au dérèglement climatique. ### Des risques à plus long terme pour le tourisme et l’assurance Malgré cette relative sérénité macroéconomique, certains secteurs pourraient néanmoins subir des conséquences plus durables. Le tourisme, pilier économique de la région Nouvelle-Aquitaine, a enregistré une baisse de fréquentation notable durant la période des feux, selon des données préliminaires relayées par la presse régionale. Les analystes de Capital Economics reconnaissent que l’image des zones sinistrées pourrait ternir l’attractivité de certaines destinations pour les saisons à venir, sans toutefois remettre en cause la croissance nationale. Par ailleurs, le secteur de l’assurance, déjà confronté à une hausse des sinistres climatiques, pourrait voir ses primes augmenter, ce qui représenterait un frein potentiel à la consommation des ménages dans les zones à risque, un facteur que les économistes surveillent de près. ### Une perspective conditionnée aux évolutions climatiques En définitive, l’analyse de Capital Economics offre une lecture rassurante à court terme, mais elle repose sur une hypothèse fragile : celle d’un retour à des étés « normaux ». Les économistes rappellent que si la fréquence des méga feux devait s’intensifier, les coûts économiques cumulés pourraient devenir significatifs et dépasser les capacités d’adaptation du modèle actuel. Cette mise en perspective suggère que la résilience de l’économie française est réelle, mais non illimitée. La question centrale ne serait donc pas de savoir si ces incendies plomberont la croissance de 2022 ou 2023, mais plutôt comment les politiques publiques et les acteurs privés intégreront ces risques dans leurs modèles de développement à l’avenir.